Géronto-psy, des soignants à la rencontre des seniors en souffrance

Lors des confinements, la santé mentale des personnes âgées a été mise à mal. Or, plusieurs obstacles les empêchent souvent de recevoir une prise en charge adéquate. Reportage dans le Loiret, où des équipes mobiles spécialisées leur rendent visite.

Géraldine Zamansky
Rédigé le
Une équipe mobile pour la santé mentale des anciens
Une équipe mobile pour la santé mentale des anciens  —  Le Mag de la Santé - France 5

Au cœur du Loiret, le nombre de personnes âgées en souffrance psychique augmente, alors que les psychiatres sont rares. C’est une équipe mobile d’infirmières spécialisées qui est en première ligne pour évaluer les patients et faire un suivi à domicile si nécessaire.   

"C'est souvent à l'occasion de changements brutaux, un deuil, un déplacement géographique... Des ruptures brutales qui vont être aggravées aussi souvent par les problèmes du vieillissement cérébral, les troubles de mémoire, les troubles de jugement, tout cela va être intriqué", explique la Dr Pascale Vagapoff, psychiatre à l'établissement public de santé mentale du Loiret Georges Daumézon.

Des réticences vis-à-vis de la psychiatrie

Des infirmières comme Jennifer et Sandrine sont là pour accompagner ces situations difficiles. C’est une des trois équipes mobiles de géronto-psychiatrie du département. Elles suivent plus de 100 patients.  

Depuis deux ans, elles aident Martine à lutter contre sa dépression. En venant à domicile, en s’adaptant à chacun, l’équipe réussit à faire tomber les fréquentes réticences vis-à-vis de la psychiatrie.  

"En psychiatrie, il y a des gens qui n’osent pas, parce qu'ils disent 'on n'est pas fous'. Il y a aussi ce côté un peu 'taiseux' de cette génération qui ne parle pas de ses souffrances et qui garde ça bien caché à l’intérieur. On essaie aussi de proposer d'autres choses que des entretiens classiques autour d’un bureau. Ça peut passer par une promenade, c'est un accompagnement différent", commente Jennifer Bouthelot, infirmière de l'équipe mobile de gérontopsychiatrie du Giennois.

Des visites aussi à l'Ehpad

L’équipe peut aussi proposer un suivi plus classique lorsqu’elle est appelée à l’Ehpad pour des patients qui étaient déjà traités pour une maladie psychiatrique, comme Pierre.   

"Elles sont expertes dans ce domaine-là. Un regard extérieur par rapport au mien est toujours important. Moi, je les vois tous les jours donc je peux aussi m'habituer à un trouble de comportement que les filles ne rateront pas", confie Typhaine Cabon, géronto-psychologue à l'Ehpad du centre hospitalier Pierre Dezarnaulds. Ici, Pierre s’est stabilisé après une période de crise particulièrement difficile.   
 
Selon les besoins de chacun, l’équipe vient entre une fois par semaine et une fois par mois. Elle répond aussi bien sûr aux appels à l’aide d’urgence.

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