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Quand la maladie entraîne la chute des cheveux

Si la fatigue, les bouleversements hormonaux et les changements de saison peuvent entraîner une chute des cheveux, celle-ci peut aussi être due à une maladie. Des pathologies telles que la pelade ou le lupus, et des traitements comme la chimiothérapie, ont pour conséquence la perte totale ou partielle des cheveux.

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Quand la maladie entraîne la chute des cheveux
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Le cycle de vie d'un cheveu

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent le cycle de vie d'un cheveu.

Nous avons entre 100.000 et 150.000 cheveux sur la tête quand tout va bien. Mais certaines pathologies peuvent entraîner la chute totale ou partielle des cheveux. La plus connue étant l'alopécie androgénétique à l'origine de la plupart des calvities masculines, mais il en existe d'autres comme la pelade, le lichen plan ou encore le lupus... Ces pathologies touchent aussi les femmes et les enfants.

Le cheveu est composé de deux grandes parties : la tige, partie visible, dont la couleur est variable selon les individus et la racine, partie située sous la peau. La racine est la partie vivante du poil. Au coeur de la tige se trouve le cortex, véritable corps de la fibre capillaire composé de la protéine kératine qui lui assure résistance et élasticité. Ce cortex est enveloppé sous une protection imperméable composée de plusieurs couches de cellules disposées en écaille que l'on appelle la cuticule.

Sous la peau, la racine est implantée obliquement dans le cuir chevelu et contenue dans un petit sac, le follicule pileux. À l'extrémité inférieure de ce follicule se trouve le bulbe qui contient la matrice composée des cellules responsables de la pousse et des mélanocytes qui vont produire le pigment qui va colorer le cheveu. La papille cutanée alimente la racine en nutriments véhiculés par le sang. Sous l'épiderme se trouve également la glande sébacée qui permet la lubrification du cheveu et le muscle arrecteur ou "redresseur" qui fait se dresser les cheveux quand il fait froid ou sous le coup de l'émotion.

Chaque follicule est capable de produire entre 20 et 30 cheveux. Il y a une phase de croissance qui dure en moyenne trois ans. Suivent une période de repos qui dure trois semaines, puis une phase de déclin. Au bout de trois mois, le cheveu tombe. Puis, normalement, un nouveau cycle commence.

Il est donc normal de perdre ses cheveux. On parle d'alopécie quand la chute est trop importante et qu'elle n'est pas suivie d'une repousse. Le cuir chevelu devient alors visible par endroits. Désordre hormonal, grossesse, cause non déterminée, choc psychologique, maladie auto-immune... peuvent être à l'origine de différentes pathologies du cuir chevelu.

Chute de cheveux : l'analyse du cuir chevelu

Des laboratoires se sont spécialisés dans l'analyse capillaire.

Dans certains cas, l'origine de la chute de cheveux est difficile à identifier. Le dermatologue réalise alors une biopsie du cuir chevelu pour la faire analyser par un anatomopathologiste spécialisé.

La mission des dermatologues est de trouver l'origine des chutes de cheveux. Pour poser un diagnostic, les fragments de cheveux sont passés au scalpel. Puis le prélèvement est déshydraté. Enrobé de paraffine, il est coupé en de très fines lamelles. Elles sont ensuite plongées dans différentes solutions colorées qui vont révéler les spécificités du cuir chevelu. Les lamelles sont ensuite analysées au microscope.

Grâce aux précieuses informations obtenues, le patient peut alors recevoir un traitement adapté pour stopper sa chute de cheveux. Chaque année, des centaines de fragments de cuir chevelu sont analysés.

Chute de cheveux : trouver le bon traitement

Le traitement de la chute de cheveux dépend de la compatibilité avec les traitements reçus par le patient.

Les problèmes de perte de cheveux ont une multitude de causes et des traitements différents en fonction des pathologies.

Chute de cheveux : un effet secondaire de la chimiothérapie

La perte des cheveux est l'un des effets secondaires le plus redouté et le plus difficile à vivre pour les patients qui débutent un traitement par chimiothérapie.

Chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie... À chaque traitement, sa liste d'effets secondaires. Certains traitements peuvent provoquer d'importantes chutes de cheveux. Lors d'une chimiothérapie, deux femmes sur trois perdent la totalité de leurs cheveux. Dans le cadre d'un traitement de chimiothérapie qui entraîne la perte des cheveux, de nombreuses femmes ont recours à des prothèses capillaires. Des instituts capillaires sont spécialisés dans les problèmes de chutes de cheveux liés à la maladie. Près de 50% de leurs clients sont sous chimiothérapie.

Des techniques de camouflage du type perruque peuvent être proposées aux patients sous chimiothérapie. Il existe des perruques à tous les tarifs. Elles sont prises en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 125 euros et certaines mutuelles prennent en charge le dépassement.

Dans la grande majorité des cas, les cheveux repoussent peu à peu quelques semaines après la fin du traitement. Un phénomène surprenant peut alors survenir : les cheveux changent de forme, de texture et même de couleur. La raison de ces changements brutaux : l'altération des cellules responsables de la pigmentation et de la forme des cheveux par la chimiothérapie. Dans 40% des cas, les cheveux peuvent ainsi blanchir et dans 20% des cas, ils peuvent se recolorer. Sylvie a vécu cette situation à la suite d'un cancer du sein. Sa chevelure blonde, très claire et légèrement frisée a laissé place à des cheveux bruns, crépus puis raides.

Chute de cheveux : se réapproprier son image

Quand on a une pelade, il faut se réapproprier son image. Patricia a une pelade depuis 25 ans. Pour elle, la solution a été la perruque.

Blonde, rousse, grisonnante ou bouclée… Patricia aime jouer avec les longueurs et les couleurs de ses cheveux, ou plus précisément de ses perruques. De véritables accessoires de mode pour cette femme qui a perdu ses cheveux il y a 25 ans. "Je me retrouve telle que j'étais il y a quelques années avec mes propres cheveux. Ca me correspond, c'est mon style, c'est l'image que j'ai construite avec les années, c'est la personne que je suis", confie-t-elle.

À 33 ans, Patricia découvre qu'elle souffre d'une pelade. Malgré les traitements, ses cheveux ne cessent de tomber et en deux mois, elle devient chauve : "Sur le coup, j'ai pensé que mes cheveux allaient repousser aussi vite qu'ils tombaient (…) puis petit à petit, les années passent et cela devient beaucoup plus difficile et plus douloureux à vivre". Patricia a tenté de nombreux traitements mais à chaque fois sans succès : "On bascule dans un univers où on n'est plus une femme. Quand on se regarde dans la glace, qu'on n'a plus de cheveux, qu'on n'a plus de sourcils, ni de cils… on se demande si on n'est pas une extraterrestre, si on ne vient pas d'un autre monde, on se demande qui on devient…".

Sa pelade est totale et irréversible. Pour retrouver sa féminité, Patricia décide alors de porter des perruques. Et si aujourd'hui elle les met avec plaisir, cela n'a pas toujours été le cas : "J'ai l'impression d'avoir mis quinze ans à apprendre à vivre avec cette perruque chaque jour, à ne plus avoir peur de la météo, du vent, de la pluie, à vivre vraiment normalement". Patricia devient même mannequin pour perruques. Aujourd'hui, elle se rend dans un salon spécialisé pour suivre les dernières tendances.

Synthétique ou en cheveux naturels, cousue à la main ou faite par des machines… l'objectif de tous ces postiches est d'être plus vrais que natures. Et pour se sentir bien dans son corps et dans sa tête, Patricia fait aussi des soins du cuir chevelu : "Se réapproprier son image mais aussi sortir de la maladie est le plus important. Moi je ne me sens plus malade. C'est une nouvelle identité. Je suis une femme qui porte une perruque, je suis une femme qui n'a pas de cheveux, mais je suis une femme. Et je ne me sens pas du tout une femme malade", confie-t-elle.

Si Patricia a réussi à accepter sa pelade, cette maladie reste encore souvent taboue. En France, près de 80.000 personnes seraient concernées par cette pathologie.

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