Toxicomanie : Hollande prêt à expérimenter les centres d'injection supervisés

Le candidat à l'élection présidentielle, François Hollande, s'est déclaré favorable à l'expérimentation des centres d'injection supervisés, dans la prise en charge des usagers de drogues. Il entend renforcer les mesures de prévention des risques liés à la toxicomanie, mais reste opposé à la dépénalisation de la consommation de drogues.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Dans une interview pour le site Seronet, un site d'information et d'échange destiné aux personnes séropositives, animé par l'association AIDES, François Hollande s'est positionné sur plusieurs sujets relatifs à la santé qui préoccupent les électeurs : la mise en place de franchises médicales, le déremboursement des médicaments, ou encore la hausse des prix des consultations. Autant de mesure prises par le gouvernement et condamnées par le candidat socialiste.

Favorable aux "salles de consommation supervisées"

Mais il s'est aussi exprimé sur un sujet sensible : la création de "salles de consommation supervisée", destinées à l'accompagnement à l'injection des toxicomanes. Ce genre de centres d'injection existe déjà dans des pays comme le Canada ou la Suisse, mais reste très controversé en France.

Les ONG réclament la mise en place de ces centres qui ont fait leur preuve à l'étranger dans la lutte contre les hépatites et le sida, et sont légitimés par des travaux scientifiques. Ces salles d'injection permettent en effet de réduire les risques sanitaires liés à l'injection "sauvage" de drogues et de réintégrer les malades dans le circuit médical.

François Hollande s'est déclaré prêt à "laisser la possibilité de mener des expérimentations pour améliorer la santé des usagers de drogue et réduire la nuisance dans les quartier. Pour ensuite en évaluer l'impact sur la santé publique et en tirer des conséquences sur la santé et la tranquillité publique".

Jean-Luc Mélanchon et Eva Joly qui se sont déjà exprimés sur Seronet rejoignent les propositions de François Hollande. François Bayrou, candidat du Modem, ne s'est pas clairement exprimé sur l’expérimentation des salles de consommation ou des programmes d’échange de seringues en prison, même s’il a indiqué que "de manière générale, notre pays améliorera les problèmes de santé publique liés à la drogue en préférant une approche médicalisée plutôt que purement répressive". Nicolas Sarkozy n'a pour sa part pas encore répondu.

Pas de légalisation, mais une adaptation des peines

Au programme du candidat socialiste, aucune légalisation n'est prévue. François Hollande pense en effet, que compte tenu de la dangerosité des drogues pour la santé publique, l'interdit doit demeurer.

En revanche, il souligne qu'il y a nécessité de faire évoluer les peines, peu réalistes et peu dissuasives, prévues pour leur usage. "Je pense par exemple aux peines de prison pour la simple consommation de cannabis", a-t-il précisé au site Seronet.

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