Baclofène et sevrage alcoolique : la recherche a besoin de vous

La première étude clinique sur l'efficacité et la tolérance du baclofène à haut dosage dans le maintien de l'abstinence chez les patients alcoolo-dépendants vient d'être lancée. Cette étude, baptisée "Alpadir", inclura plus de 300 patients volontaires dans toute la France. Elle permettra de faire la demande d'autorisation de mise sur le marché d'un nouveau médicament, dans le traitement de l'alcoolo-dépendance.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Entretien avec le Pr. Michel Reynaud, chef du service Addictologie à l'hôpital Paul Brousse à Villejuif

Evaluer l'efficacité du baclofène, comparativement au placebo, sur l'abstinence pendant 20 semaines de traitement après sevrage chez des patients alcoolo-dépendants. C'est l'objectif principal de l'étude Alpadir.

"Cet essai est indispensable, dans l’intérêt des patients, pour évaluer scientifiquement l'efficacité du baclofène, identifier ses effets secondaires et apprendre à le manier au mieux dans l'alcoolodépendance", a déclaré le Pr Michel Reynaud, chef du département de Psychiatrie et d'Addictologie de l'hôpital Paul Brousse à Villejuif, et coordinateur de l'étude.

Ce protocole a été validé par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et par le Comité de protection des personnes (CPP) Ile-de-France VII-Bicêtre.

Si l'efficacité du baclofène dans l'alcoolo-dépendance n'est pas encore démontrée, des données récentes mettent en évidence des bénéfices chez certains patients. C'est pourquoi l'Agence encourage avec cet essai le développement d'études cliniques afin d'optimiser l'emploi de cette molécule.

Selon le Pr Reynaud, "le baclofène utilisé dans l'alcoolodépendance ne peut pas rester une exception, il doit devenir un médicament comme les autres que nous, médecins, pourrons tous prescrire dans un cadre légal".

Utilisé depuis 40 ans comme relaxant musculaire, le baclofène est bien connu, mais sa prescription dans l'alcoolodépendance se fait aujourd'hui hors-AMM. En l’absence de cette autorisation de mise sur le marché de la part de l'ANSM, tous les patients qui pourraient y prétendre ne peuvent y accéder.

Quarante centres investigateurs répartis dans toute la France proposeront aux patients de participer à cet essai. Les résultats complets de l'étude clinique Alpadir seront disponibles en 2014.

Pour participer à cet essai, vous pouvez d'ores et déjà écrire aux deux centres suivants :

  • Etude Alpadir
    Hôpital Paul Brousse - Villejuif

    Département de Psychiatrie et d’Addictologie
    Email : etude.alpadir@gmail.com

  • Etude Alpadir
    Hôpital Beaujon - Clichy

    Unité de traitement des maladies addictives
    Email : Alpadir@live.fr

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