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Grandir de 0 à 20 ans : l'apprentissage du goût

En plus de faire manger aux enfants des repas équilibrés, les parents doivent aussi les faire goûter à tout. "C'est pas bon, j'aime pas", tous les parents ont déjà entendu cette plainte à table. Il s'agit de la néophobie alimentaire. Ce phénomène touche essentiellement les enfants de 3 à 8 ans. À Dijon, des chercheurs ont essayé de comprendre l'origine de cette néophobie et des spécialistes du goût ont mis en place des ateliers pour mieux la contourner.

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Grandir de 0 à 20 ans : l'apprentissage du goût

Le but des ateliers du goût est de faire découvrir aux enfants des aliments un peu particuliers. Un vrai défi car à cette période de la vie, les enfants sont plutôt difficiles et n'hésitent pas à rejeter les aliments qui ne leur plaisent pas. Ce phénomène a bien été identifié par les chercheurs, qui parlent de néophobie alimentaire.

"La néophobie alimentaire est une peur ancestrale qui est liée à la crainte de l'intoxication alimentaire et elle intervient à un âge où l'enfant va développer ses capacités exploratoires. Il va sortir un peu de la protection parentale, il peut du coup faire de mauvaises expériences et ingérer des substances potentiellement toxiques. Cette méfiance vis-à-vis de la nouveauté va donc le préserver de ce risque potentiel d'intoxication", explique Sandrine Monnery-Patris, chercheur au centre des sciences du goût et de l'alimentation à Dijon.

Pour dépasser ces craintes, les animateurs de ces ateliers familiarisent les enfants avec l'aliment : d'où il vient, ou encore comment il est cultivé... Puis avant de le mettre en bouche, chaque enfant est invité à l'observer, à la toucher, et à le sentir. Après ces différentes expériences sensorielles, vient l'étape ultime de la dégustation.

À cet âge, rien n'est perdu si l'enfant n'aime pas certains aliments. Les spécialistes considèrent qu'il ne faut pas hésiter à proposer six à huit fois les mêmes aliments aux enfants mais avec une précaution : ne jamais les brusquer, ni les forcer comme le confirme Sandrine Monnery-Patris, "forcer un enfant à manger un aliment qui a priori ne lui convient pas fait qu'il va associer le goût de cet aliment au contexte émotionnel dans lequel il a été goûté. Il va donc associer cet aliment à un contexte négatif, et en grandissant il va penser que si on le force alors il a raison de ne pas l'aimer".

Il est donc plutôt conseillé d'accompagner l'enfant dans sa dégustation ou lui permettre d'accommoder les aliments. Autre conseil : faire participer l'enfant à la préparation des plats. Le fait d'être acteur les rend plus enclin à goûter.

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