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60 millions de consommateurs met en garde contre les aliments "ultratransformés"

Un hors série de la revue 60 millions de consommateurs propose à ses lecteurs de mieux débusquer les sucres, sels, graisses et additifs cachés dans les produits "ultra-transformés" de l'industrie agroalimentaire.

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Qu'est-ce qu'un aliment ultra-transformé ?

Du chocolat en poudre qui contient plus de sucre que de cacao, aux additifs interdits dans les yaourts, la revue 60 millions de consommateurs (éditée par l'Institut national de la consommation, un établissement public dépendant du ministère en charge de la consommation) épingle plus de 100 produits de grande consommation.

Qu'est-ce qu'un aliment ultratransformé ? 

Pour l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), qui juge le dossier de 60 millions de consommateurs "particulièrement violent", il n'existe "aucune définition officielle" de ce concept, souligne une porte-parole. Pour la revue 60 millions en revanche, il a été défini en 2009 par le département nutrition de l'université de Sao Paulo au Brésil. Et recouvre des aliments "dont la particularité est d'être fabriqués avec très peu de matières premières brutes (fruits, lait, viande..) et beaucoup d'additifs ou d'ingrédients reconstitués dans le but de leurrer le goût du consommateur et d'obtenir un produit facile à utiliser".

Sucre

L'accusé numéro un, le sucre, est souvent caché. Ainsi dans un flacon de ketchup Heinz de 700 g, on trouve huit tomates et 22 morceaux de sucre. Soit pour 20 g de sauce, autant de sucre que dans deux petits-beurres de la marque Lus. "80% du sel absorbé par les Français proviennent des aliments transformés. 70% des sucres sont ajoutés et cachés" indique la revue. 

Additifs

Au chapitre "additifs", 60 millions publie une liste de 50 additifs "à proscrire" (sur plusieurs centaines autorisés), pour des motifs allant d’effets avérés à des effets beaucoup plus spéculatifs "Toutes 
les hypothèses émises par les études 
[sur lesquelles nous basons le classement] ne sont pas forcément confirmées", concèdent les auteurs de la liste. Une démarche assumée, en dépit "de possibles controverses sur les excès du principe de précaution".

Viande

Au rayon viande, la revue détaille le "mécanisme pernicieux" du "trop de fer", ou comment, à trop forte dose, le fer contenu dans la viande rouge favorise l'apparition de cancers, notamment du sein pour les femmes.  En résumé, la revue préconise pas plus de 500 grammes de viande rouge par semaine, soit 70 g par jour, et moins pour les femmes après 50 ans.

Graisses

60 millions débusque aussi des graisses cachées dans les céréales des enfants qualifiées de "bombes de graisses", en particulier les marques Tresor de Kellogg's et Extra Fruits du même Kellogg's, ainsi que les barres de céréales, les pâtes feuilletées, et, plus surprenant, les poêlées de légumes de Bonduelle ou Picard qui doivent être utilisées sans ajouter de matières grasses.

Yaourts

Alors que la réglementation française interdit l'ajout d'additifs dans les yaourts, les grandes marques en incorporent en quantité dans les mélanges de fruits qui parfument les desserts lactés: neuf additifs dans le yaourt Carrefour aux fruits recette crémeuse, sept dans le Taillefine aux fraises, et 12 dans le panier de Yoplait nature sur fruits. "Le mélange de fruits sert en somme de cheval de Troie pour contourner la loi", un "subterfuge" qui "dénature un produit simple et bon pour la santé" regrette la revue.

Information aux consommateurs

Même un outil destiné à améliorer l'information du consommateur et lutter contre l'obésité ou la diabète, comme le nouveau système d'étiquetage Nutriscore (basé sur les cinq lettres A,B,C,D,E, et un code couleurs) présente "quelques lacunes", selon la revue.

Mise en cause dans le dossier, l'Association nationale des industries alimentaires (Ania, qui représente 17.000 entreprises françaises du secteur agroalimentaire), a regretté un dossier qui ne fait selon elle "qu'alimenter les peurs". Il "mélange des études sérieuses avec d'autres qui le sont beaucoup moins", dans le but de "faire douter les consommateurs", alors que le secteur fait "beaucoup d'efforts" dans le sillage des États généraux de l'alimentation "pour tenir ses engagements afin de parvenir à une alimentation plus sûre, plus saine et plus durable", a indiqué une porte-parole à l'AFP.

avec AFP

 

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