Tchat : les effets secondaires de la radiothérapie
Tchat du 14 novembre 2011 de 15h à 16h : Les réponses du Dr Sylvie Delanian et du Dr Avi Assouline, oncologues-radiothérapeutes.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses du Dr Sylvie Delanian oncologue-radiothérapeute
La radiothérapie est délivrée pour la vie avec des effets immédiats transitoires assez fréquents sur quelques jours à quelques semaines... et sont réduits si nécessaires avec des anti-inflammatoires. Les effets tardifs surviennent très rarement et des travaux sont en cours à l'Hôpital Saint-Louis dans mon unité pour faire reculer les séquelles de certaines radiothérapies. Dans tous les cas la radiothérapie n'agit que là où on la fait...
Oui le rapport est la fragilité du sujet à réparer les agressions et donc à faire plus que les autres des cancers successifs... sans lien avec la radiothérapie
Oui cette radiothérapie peut occasionner une toxicité musculaire et neurologique induite par les rayons. Il faudrait faire un électromyogramme et consulter en neurologie... puis me demander un avis si la neuropathie est avérée pour proposition d'un traitement Pentoclo mis au point pour faire réduire ces séquelles...
Oui il peut survenir après radiothérapie mammaire qui inclut la paroi thoracique des fêlures ou fracture de côte... spontané ou après traumatisme. Le traitement est à base d'anti-inflammatoires... et si cela dure à base de vitamine E et pentoxifylline.
Il s'agit probablement d'une subocclusion intermittente (ou syndrome de König) en relation avec une inflammation de l'intestin grêle. Le traitement associe des anti-diahrréiques (loperamide, smecta, racecadotril)®, des antiseptiques intermittents (nifuroxazide)® et surtout de la cortisone en crise.... Dans le cas d'occlusion vraie... seule la chirurgie de rattrapage peut sauver. Cela dépend...
La radiothérapie augmente le contrôle de la maladie locale et réduit le risque de rechute de 40 à moins de 5%. La chimiothérapie protège contre la maladie générale métastatique... mais pas suffisamment contre la rechute locale. Les traitements sont complémentaires.
Les saignements vaginaux peuvent être liés à des télangiectasies (petites varices à la surface de la muqueuse vaginales): les petits vaisseaux fins comme des cheveux sont devenus gros comme des vermicelles et saignent au contact. Si les saignement sont importants, des séances de laser peuvent coaguler ces vaisseaux.. Si les saignements sont trop importants et provoquent une anémie, des séances de caisson hyperbare ont déjà été proposées avec succès.
La radiothérapie tête-cou (ORL) pour lymphome délivre en général une dose de radiothérapie réduite en dose totale mais assez étendue en volume... et tout dépend de ce qu'il y a à traiter. Peut-être un problème de glandes salivaires si la bouche est concernée.
Faux, elles sont éliminées.
Cela dépend si cela concerne la peau ou les muqueuses... il faut lutter contre les champignons (mycose) pour réduire les brûlures avec des bicarbonates + amphotéricne B® ou nystatine (bains de bouche ou bains de siège) gel de miconazole®...
Il n'y pas de conséquences sur la formule sanguine après irradiation du sein seul. Il peut y avoir après chimiothérapie lourde suivie de radiothérapie du sein et des aires ganglionnaires, une difficulté à retrouver une formule sanguine normale (leucocytes à la limite basse pendant un an).
Si le sein est volumineux au départ, le sein peut rester lourd et sensible pendant plusieurs mois ou années. Il peut être nécessaire dans certains cas de prescrire des anti-inflammatoires pour limiter ces effets... et de voir avec votre radiothérapeute pour une éventuelle prescription à base de vitamine E.
La question est imprécise... la radiothérapie n'agit que là où on la fait et elle ne peut induire une ménopause que si les ovaires sont touchés... et ils sont dans le pelvis .. un peu loin de la colonne vertébrale (rachis)... cela dépend.
Même sans surdosage, il peut y avoir à très long terme des séquelles d'une irradiation étendue de ce type. Peut être faudrait-il envisager un traitement anti-fibrosant de fond pour vous protéger un peu à base de pentoxifylline et vitamine E ?
La radiothérapie n'agit que là où on la fait... et l'œil n'a pas été traité... donc cela n'a aucun lien... sauf le stress...
Pour les séquelles cutanées de la radiothérapie, vous pouvez consulter le Dr DELANIAN qui a fait l'émission et qui est une spécialiste reconnue dans ce domaine. Elle pourra vous conseiller.
Les réponses du Dr Avi Assouline, oncologue-radiothérapeute
Rien de spécifique. Prendre du Paracétamol en cas de douleurs. Si aggravation des douleurs, parlez en à votre Radiothérapeute.
Tout dépend si l'on irradie tout le cerveau ou en partie. Si tout le cerveau est irradié (dans le cadre de métastases cérébrales le plus souvent), risque de séquelles neuro-cognitives à long terme (troubles de la mémoire, des fonctions supérieures dont l'intensité varie en fonction des individus). Si une partie du cerveau est traité par radiothérapie, les éventuelles séquelles dépendront de la zone traitée et de la dose de radiothérapie délivrée.
Aucun problème pour une grossesse (il n'était pas nécessaire d'attendre 2 ans après la fin de la radiothérapie, ce délai a dû vous être donné par rapport au risque d'une récidive) et même l'allaitement. Par contre, vous devez continuer à vous faire suivre régulièrement pour votre carcinome canalaire in situ.
Non, ce n'est pas normal. Reprenez RDV avec votre radiothérapeute.
Malheureusement, la radiothérapie comme tout traitement n'est pas garanti à 100% et des rechutes peuvent survenir malgré une radiothérapie bien conduite. Tout dépend du type de tumeur et de sa nature.
Normalement, le radiothérapeute a obligation de suivre ses patients effectivement pendant au moins 5 ans, voir plus. Si celui-ci refuse (et le fait qu'il soit débordé n'est pas une excuse), vous pouvez en voir un autre. Si elle habite en région parisienne, je pourrais la prendre en charge pour la surveillance (cf site internet de mon Centre avec mes coordonnées pour prise de RDV).
Le manque de salive est une séquelle classique et pratiquement obligatoire actuellement pour un traitement par radiothérapie des cancers ORL. Normalement à 3 mois vous devriez remanger quasi-normalement. Parlez en à votre radiothérapeute.
Oui. Les rayons sont cancérigènes. Mais le risque de cancer radio-induit (plusieurs années après la radiothérapie) est très faible.
Je n'ai pas d'avis là-dessus. Tant que cela ne nuit pas au traitement, je n'ai rien contre.
Pas d'avis la dessus.
Oui bien sûr.
Les tissus cicatrisent et se régenèrent. Il faut leur laisser le temps (qui peut varier d'un individu à l'autre).
En théorie, pour le traitement d'une tumeur par radiothérapie, il faut la preuve histologique qu'elle soit bien maligne c'est-à-dire cancéreuse.
En fait, avant la chirurgie, le chirurgien aurait dû vous proposer (à votre mari) un prélèvement de sperme.
Tout dépend des symptômes que vous présentez car le traitement ne sera que symptomatique dans tous les cas.
En théorie, vous ne devriez pas avoir de poumon radique pour un cancer du sein. Seule une petite partie du poumon a reçu une dose ce qui n'équivaut pas à un poumon radique. Pour parler de poumon radique il faut que vous ayez des symptômes (dyspnée).
Tout dépend la dose délivrée par la 1ère et surtout si on traite la même zone.
Pas d'autre solution que médecine esthétique.
Oui. Mais tout dépend le degré de toxicité aigue et la zone traitée.
Ce n'est là aussi pas normal. Consultez en un près de chez vous.
Non pas forcement.
Vous avez eu là un traitement très lourd et il est difficile de stopper ce genre de séquelles.
Pour répondre à cette difficile question, il faudrait ressortir le dossier de radiothérapie de l'époque pour voir quelle région a été irradiée. Mais la probabilité qu'il y ait un lien est faible.
Non je vous recommande de choisir le protocole standard et validé (pour un sein, en n'ayant pas subi d'ablation, c'est 33 séances soit 6.5 semaines pour être précis).
Les effets que vous décrivez ne sont pas habituels après radiothérapie du sein. Avez-vous reconsulté votre radiothérapeute ? Vous a t-il donné une explication ?
En théorie, il existe un risque très faible de cancer à long terme (mais pas au niveau du cerveau plutot au niveau cutané, en regard de la zone traitée c'est-à-dire les oreilles).
Radiothérapie sur quelle région du corps ? Le sein ? Ou une métastases ? Si métastase : intérêt symptomatique Si sein : intérêt discuté
En théorie, il n'y a pas de problème. Les rayons ne sont pas "restés dans votre sein". Vous aurez peut être moins de lait de ce sein.
Tout dépend de la méthode employée. Risque de séquelles cardiaques et pulmonaires à long terme mais faible si technique moderne employée.
Dr Delanian vue ce jour sur le plateau de l'émission.
Tout dépend le champ d'irradiation, c'est-à-dire la zone précise irradiée et la dose reçue.
Possible mais à l'heure actuelle je ne sais pas, tout dépend du diagnostic posé. Il faut que vous consultiez un radiothérapeute.
Vous voyez, le lien avec la radiothérapie est loin d'être établi. Je ne suis pas sur que ce soit lié (mais je n'ai pas le dossier technique sous les yeux).
Déjà, il faut poser un diagnostic et établir le lien entre les 2. Car il est très rare de garder des douleurs aussi importantes. Avez-vous essayé de prendre des antalgiques ?
Cela peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois.
Car elles pourraient paradoxalement accentuer la toxicité aigue de la radiothérapie surtout si vous utilisez ces crèmes avant la séance de radiothérapie. Là vous pouvez être sur que les effets secondaires immédiats seront plus marqués.
Si "boutons" diffus sur tout le corps, ce n'est pas lié à la radiothérapie qui est un traitement ciblé.
Oui.
Quand avez-vous eu votre radiothérapie ?
Antalgiques habituels et corticoïdes.
Non.
Refaites une rectoscopie pour confirmer la nature post-radique des lésions. Il existe des traitements par plasma argon (voyez avec votre gastro).
Oui. Pour cela consultez un gastro-entérologue qui fera déjà un bilan des lésions.
Pour les douleurs au sternum, possible. En revanche pour le reste non.
En savoir plus
Plus de 150 000 patients sont traités chaque année par radiothérapie en France. C’est, après la chirurgie, le deuxième traitement contre le cancer le plus répandu.
La radiothérapie permet de nombreuses guérisons mais elle peut être à l'origine d'effets secondaires contre lesquels il est possible d'agir. Ils sont variables selon les patients. Ils diffèrent d’une personne à l’autre, selon le type de radiothérapie, la zone traitée et l’état général du patient. De plus, la durée des effets secondaires varie. Les cellules saines vont se régénérer avec le temps, mais cela veut donc dire que les effets peuvent aller au-delà du traitement lui-même. Cela peut aller de quelques semaines à des mois.
Ils apparaissent surtout en cours et en fin de traitement, presque toujours en quelques semaines après la radiothérapie.
Il y a les effets secondaire dits "généraux" qui peuvent survenir, peu importe la partie du corps ciblée par la radiothérapie : anxiété, dépression, fatigue, perte des cheveux ou des poils sur la partie traitée, modification de la peau sur la partie traitée, modification des habitudes de sommeil... À ces effets généraux, s’ajoutent des effets secondaires spécifiques, c’est-à-dire ceux qui sont propres à la zone touchée.
Une baisse des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes est assez rare, elle est souvent moins importante que pour la chimiothérapie. Bien entendu, des traitements sont donnés pour soulager ces effets.
Dossiers sur Allodocteurs.fr :
Questions/réponses :
Sur le forum :
Ailleurs sur le web :
Livre :