Sida : un vaccin thérapeutique testé sur des patients français

L’Afssaps a donné son feu vert pour un essai clinique sur un vaccin thérapeutique contre le sida, VAC-3S. Le vaccin sera testé sur 24 patients, dans deux hôpitaux parisiens.

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Sida : un vaccin thérapeutique testé sur des patients français
Sida : un vaccin thérapeutique testé sur des patients français

C’est une piste intéressante pour le traitement du VIH : le vaccin "VAC-3S", développé par la société biopharmaceutique InnaVirVax, va pouvoir être testé sur des patients.

Ce vaccin n’est pas destiné à protéger contre le virus du sida, mais à aider les patients déjà infectés à mieux s’en défendre : "La nouvelle classe thérapeutique représentée par VAC-3S vise à bloquer les conséquences pathologiques de l’infection et donc l’effondrement du système immunitaire", explique Joël Crouzet président d’InnaVirvax.

Au cœur du système immunitaire, on retrouve les lymphocytes T. Ces cellules sont les gardiens de notre organisme, elles permettent de contrôler les réactions de défense dirigées contre un agresseur étranger. Le virus du sida a la particularité de s’attaquer principalement à un type de lymphocytes : les lymphocytes T CD4. "Le but de ce vaccin, n’est pas d’agir sur le virus, mais d’agir sur le système immunitaire en protégeant les lymphocytes T CD4", explique le Pr. Christine Katlama, de l’hôpital La Pitié-Sâlpétrière, établissement dans lequel va se dérouler en partie l’essai clinique. En effet, les patients infectés par le virus du sida voient leurs défenses immunitaires s’affaiblir, ce qui les rend plus vulnérables face à d’autres maladies.

Rester prudent

Cette approche vaccinale est issue des travaux d’une équipe de chercheurs de l’Unité mixte INSERM et Université Pierre et Marie Curie UMRS 94. Ils ont déjà donné lieu à plusieurs publications scientifiques internationales et à des essais chez l’animal.

Grâce au feu vert de l’Afssaps, le fabricant va désormais pouvoir lancer l’essai de phase I/IIa. Il sera mené sur des patients traités avec des antirétroviraux, avec un double objectif : s’assurer de l’innocuité du produit chez les malades, mais "il faut également vérifier que ce vaccin induit bien les anticorps attendus avant de pouvoir savoir s’il est efficace", estime le Pr. Christine Katlama.

"Pour l’instant, il faut rester très prudent", affirme le Pr. Christine Katlama,"on est encore dans la phase de concept du vaccin" ajoute-t-elle. Les patients inclus dans l’essai seront vaccinés, puis suivis pendant toute une année.

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