La cancérologie fait son bilan annuel à Chicago

Du 30 mai au 3 juin 2014, Chicago devient la capitale mondiale de la cancérologie : plus de 25.000 médecins et chercheurs sont attendus au 50e congrès de l'ASCO (Société américaine d'oncologie clinique) pour faire le point sur les derniers progrès en termes de soins, de prévention ou d'accompagnement.

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La cancérologie fait son bilan annuel à Chicago
La cancérologie fait son bilan annuel à Chicago (photo : F. Gouthière)

Peu de congrès médicaux réunissent autant de spécialistes internationaux que celui organisé, chaque année depuis cinquante ans, par la Société américaine d'oncologie clinique (ASCO).

Pas encore essoufflés par six jours de marche à travers les 250.000 m² du centre des congrès McCormick, les chercheurs et les médecins affichent, en ce premier jour de conférence, des mines réjouies. Comme chaque année, l'événement leur offre l'occasion de serrer la main de confrères de tous les continents, de poursuivre de vive voix des échanges débutés par courrier électronique ou de mettre, enfin, un visage sur un nom.

La foire à la molécule

Des milliers d'entre eux, dans les jours à venir, prendront la parole devant leurs pairs pour présenter l'état de leurs recherches. A l'ère de la médecine personnalisée, des centaines d'équipes sont venus décrire de nouvelles molécules dont le profil chimique pourrait, dans un avenir plus ou moins lointain, contribuer à affaiblir tel ou tel type de cancer, chez des patients ayant un profil clinique particulier.

Pour l'immense majorité de ces substances chimiques (plus de 400 font l'objet d'une présentation à l'ASCO), les essais cliniques achèvent tout juste leur première phase – celle qui suggère qu'elles seront bien tolérées par l'organisme, à défaut de démontrer leur efficacité.(1)

Tirer le meilleur parti des anciens traitements

Les résultats les plus prometteurs de l'ASCO 2014 concerneront essentiellement d'anciens traitements, pour lesquels une posologie moins lourde s'avèrerait efficace, ou pour lesquels il semble possible d'atténuer certains effets secondaires parfois très lourds.

De nombreuses présentations doivent également porter sur les éventuels bénéfices de l'association de plusieurs traitements, que ce soit en terme d'efficacité thérapeutique, de réduction des risques de récidive, ou d'amélioration de la qualité de vie du patient.

Le cancer comme enjeu de société

Ce congrès de cancérologie ne saurait toutefois pas se résumer à une succession d'annonces de résultats plus ou moins optimistes concernant la prise en charge des patients.

De nombreuses tables rondes ont en effet été organisées autour d'une thématique transverse à toute la cancérologie, à savoir l'impact social et économique des percées scientifiques de la dernière décennie : nos systèmes de soins peuvent-ils, objectivement, assumer les coûts des nouvelles thérapies adaptées, au cas par cas, au profil génétique des malades ? Quel sens y-a-t-il à mettre en œuvre des protocoles de soins lourds complexes pour prolonger la vie de malades de quelques semaines à peine ? Peut-on tester toutes les molécules prometteuses précédemment évoquées ? Jusqu'à quel point la prévention constitue-t-elle une stratégie efficace contre la propagation du fléau ?

L'ASCO 2014 marque en somme l'entrée de la cancérologie dans un nouvel âge, où les acteurs se trouvent, pour ainsi dire, limités par leurs trop grands moyens. 

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(1) Ceci n'empêche pas certains des laboratoires propriétaires des brevets de communiquer en grande pompe sur ces recherches, afin d'entretenir l'intérêt des investisseurs et la confiance des actionnaires. 

NB : Cet article est le premier d'une série réalisée à Chicago dans le cadre du 50ème congrès de cancérologie de l'ASCO. Il est réalisé dans le cadre d'un voyage de presse proposé par le laboratoire pharmaceutique Roche, qui présente plusieurs études à l'ASCO.


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