Essais nucléaires en Polynésie : le pari de la transparence

La commission consultative du secret de la Défense nationale lève le voile sur les 58 documents recensant les mesures de radiologie des tirs nucléaires, révèle Le Parisien/Aujourd'hui en France, samedi 19 janvier 2013.

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Essais nucléaires en Polynésie : le pari de la transparence
Essais nucléaires en Polynésie : le pari de la transparence

"C'est une très bonne nouvelle", se félicite Me Jean-Paul Teissonnière, avocat en France des victimes des essais nucléaires, à propos de la probable levée du secret défense sur 58 documents portant sur les mesures de radiologie des tirs nucléaires. "Une fois étudiées, ces données devraient permettre de mieux déterminer quelles ont été les conséquences des essais en Polynésie", explique-t-il dans une déclaration au quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France.

La loi Morin du 5 janvier 2010, relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français, indemnise :

"Toute personne souffrant d'une maladie radio-induite résultant d'une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d'Etat conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale peut obtenir réparation intégrale de son préjudice dans les conditions prévues par la présente loi. Si la personne est décédée, la demande de réparation peut être présentée par ses ayants droit."

 

Effectivement, près de 150 000 civils et militaires ont participé, directement ou non, aux 210 essais français conduits au Sahara algérien et en Polynésie, entre 1960 et 1996. Les essais nucléaires perpétrés durant cette période sont à l'origine de nombreux cancers (thyroïde, poumons, seins) contractés par les vétérans.

L'Association des vétérans des essais nucléaires français (AVEN) et l'association Moruroa e Tatou réclamait cette transparence depuis des années. D'ailleurs, en 2004, le pôle Santé publique du tribunal de Paris a ouvert une enquête pour "homicide involontaire, atteinte à l'intégrité physique et administration de substance nuisible", suite à une plainte de l'AVEN.

La législation retire le masque

"Malgré une décision du tribunal administratif de 2010, qui enjoignait le gouvernement de l'époque de saisir cette commission, il s'y était toujours refusé. En octobre, Jean-Yves Le Drian, le nouveau ministre de la Défense, a finalement accepté de saisir la commission, avec le résultat que l'on sait", explique l'avocat.

"Une fois que nous aurons reçu les documents, nous les transmettrons à la juge d'instruction en charge de l'enquête", a précisé Me Teissonnière.

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