Des nouveaux gènes impliqués dans les cancers digestifs

Trois nouveaux gènes impliqués dans la survenue des cancers digestifs ont été isolés par une équipe de l'institut de recherche contre le cancer au Royaume-Uni. L'un d'entre eux, placé sur le chromosome X, pourrait expliquer pourquoi ce type de cancer est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes.

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Des nouveaux gènes impliqués dans les cancers digestifs
Des nouveaux gènes impliqués dans les cancers digestifs

A l'issue de cette étude  qui avait pour but de mettre en relation les dégradations du code génétique et les cancers digestifs, les chercheurs ont mis en évidence trois modifications importantes de l'ADN, retrouvées chez les personnes atteintes de cancers digestifs.

Les deux premières mutations concernent deux gènes situés sur le chromosome 6 et sur le chromosome 11. Ils sont impliqués dans le codage de protéines jouant un rôle important dans les voies de contrôle et de réparation de l'ADN. Leurs altérations entraînent une prolifération plus aisée des cellules cancéreuses et une réparation de l'ADN incomplète.

La troisième mutation constitue une avancée majeure. Elle révèle la modification d'un gène situé sur le chromosome X, retrouvée dans le cas de cancers digestifs. Cette partie du génome est normalement responsable du développement des cellules et contrôle leur forme.

La localisation de ce gène pourrait expliquer que les hommes sont plus souvent atteints, car ils ne possèdent qu'un seul exemplaire du chromosome X, donc qu'un seul exemplaire de ce gène. Chez la femme, ce changement peut être compensée par la seconde version de ce gène, située sur le second chromosome X.

Les résultats de cette recherche amènent le nombre de zones du génome impliquées dans les cancers digestifs à vingt, mais c'est la première fois que les chromosomes sexuels sont impliqués dans la survenue d'un cancer touchant aussi bien les hommes que les femmes.

Ces types de cancers sont responsables chaque année de 40 000 décès, soit près de 30 % des décès par cancer selon la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Au Royaume Uni, c'est le troisième cancer le plus répandu, et tous les ans, sur les 41 000 nouveaux cas diagnostiqués, plus de 22 000 sont des hommes.

Etude de référence : Common variation near CDKN1A, POLD3 and SHROOM2 influences colorectal cancer risk, Dunlop, M.G. et al., Nature Genetics (2012), doi:10.1038/ng.2293

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