11 septembre 2001 : la colère des sauveteurs atteints de cancers

Les sauveteurs du 11 septembre 2001, considérés comme des héros, ont contracté 10 % de cancers de plus que la population américaine et près de 20 % de plus que leurs collègues qui n'ont pas participé aux opérations de déblaiement. Et ils ne sont pas remerciés de leurs services rendus à la nation, le gouvernement rechignant à établir un lien entre la hausse des cancers chez les secouristes et les poussières toxiques du World Trade Center.

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11 septembre 2001 : la colère des sauveteurs atteints de cancers
11 septembre 2001 : la colère des sauveteurs atteints de cancers

"Jamais nous n'oublierons", telle était la devise des sauveteurs du 11 septembre 2001, mais dix ans plus tard, certains d'entre eux, malades, affirment avoir été abandonnés par leur pays et se retrouvent seuls pour combattre un cancer et régler leurs factures médicales.

Considérés comme des héros, ils sont des milliers aujourd'hui atteints par de multiples affections allant de l'asthme au cancer, provoquées selon eux par les poussières toxiques des décombres des tours jumelles du World Trade Center.

Dans un rapport remis en juillet 2011, le gouvernement américain a rejeté, faute de preuves scientifiques, tout lien de cause à effet entre l'exposition à ces poussières et les nombreux cas de cancers contractés par les pompiers et les policiers new-yorkais. Les autorités refusent par conséquent de prendre en charge le coût des traitements de ces cancers, provoquant un fort sentiment de colère chez les sauveteurs.

"C'était il y a dix ans seulement. Comment peut-on porter aux nues les gars du 11 septembre puis se détourner totalement d'eux ? ", s'indigne Jeff Stroehlein, policier de 47 ans atteint d'un cancer au cerveau après avoir travaillé à Ground Zero.

Comme les autres, Stroehlein n'a aucun doute sur l'origine de sa maladie : il a passé plus d'un an dans les décombres des tours. Jusque-là, il n'avait aucune preuve pour étayer son intuition mais en septembre, les pompiers new-yorkais ont publié, dans le journal scientifique The Lancet, la première étude médicale de grande ampleur sur la question.

Selon ce nouveau rapport, les sauveteurs du 11-Septembre ont contracté 10 % de cancers de plus que la population américaine et près de 20 % de plus que leurs collègues qui n'ont pas participé aux opérations de déblaiement.

La Fealgood Fondation, un groupe de défense des sauveteurs, affirme que sur les 40 000 personnes qui ont travaillé sur le site, 1 020 sont morts de maladies liées aux poussières toxiques. Au total, 345 pompiers new-yorkais et 45 policiers sont décédés de cancers, affirme John Feal, l'ouvrier qui a créé cette fondation après avoir lui-même été blessé .

Cette étude menée par les services médicaux des pompiers de New York est un plaidoyer pour la prise en charge financière des différents cancers selon les termes de la loi James Zadroga 9/11.

Une étude parue cinq ans après les attentats montrait que 70 % des personnes ayant travaillé sur le site avaient des problèmes pulmonaires. Aujourd'hui, 5 000 d'entre elles consultent régulièrement le Centre médical de surveillance du World Trade Center.

Ce que nous voyons le plus, ce sont des problèmes respiratoires liés aux sinus, des brûlures d'estomac ou encore des maladies psychologiques, explique l'un des docteurs de ce centre, Vrajesh Patel.

Une loi, votée cette année, porte le nom d'un policier de New York, mort d'une maladie des poumons à 34 ans après avoir pris part au nettoyage du site après le 11-Septembre. Elle assure aux sauveteurs la prise en charge des soins médicaux mais pour certaines maladies seulement, les cancers restant exclus de la liste.

Au total, plus de 4 milliards de dollars ont été versées dans le cadre de cette loi, pour couvrir les frais médicaux pour asthme, dépression, anxiété et multiples douleurs.

Source : AFP, The Lancet

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