À 13 ans, elle pensait avoir une simple sinusite, elle allait en réalité faire deux AVC

Pendant plus de deux semaines, la jeune Matilda croyait souffrir d'une simple sinusite. Au final, elle aura essuyé deux AVC aux séquelles inaltérables.

Par Robin Couturier

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Une simple sinusite de prime abord. Et c’est pourtant dans le cadre d’une campagne de la Stroke Association - un organisme d’information et de soutien des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) - que l'adolescente raconte son histoire. Quelques jours avant le 29 octobre 2026, journée mondiale de l’AVC, Matilda Stacey décrit ce qu’elle a vécu à la fin de l’été 2024, alors qu'elle n'avait que 13 ans. Un long parcours hospitalier marqué par deux AVC et sa rémission partielle.

L’histoire de cette jeune Britannique, originaire du Northumberland, commence aux États-Unis. Matilda Stacey est en visite chez sa famille d’outre-Atlantique lorsque ses premiers symptômes apparaissent. L’adolescente se sentait alors congestionnée et souffrait de maux de tête anormalement constants. Le premier médecin qu'elle consulte, américain, lui diagnostique une simple sinusite et lui prescrit des antibiotiques. Il juge finalement que Matilda est apte à rentrer chez elle en avion.  

Des symptômes de plus en plus graves 

Mais de retour au Royaume-Uni, l'état de Matilda continue de s'aggraver, contre toute attente. Malade depuis plus d’une semaine, la jeune fille ne parvient plus à boire ni à se nourrir, elle est épuisée et ne peut plus lever la tête sans souffrir. Ses parents la conduisent alors aux urgences d’un hôpital de Newcastle.

Deux jours après son admission, un nouveau symptôme troublant fait son apparition : Matilda sent sa jambe gauche particulièrement engourdie. L’équipe médicale attribue ce signe au fait que l’adolescente vient de passer beaucoup de temps immobile dans son lit et n’y prête pas une attention particulière.

Mais les symptômes s'aggravent encore significativement. Alors que l'inertie de ses membres gauches s'accentue, ses membres droits se mettent à bouger de manière incontrôlée et frénétique. À ce stade, la jeune fille n’est plus capable ni de marcher, ni de s’exprimer correctement. 

"On nous a prévenus de ne pas nous faire de faux espoirs"

L’histoire continue alors dans un autre hôpital, aux soins intensifs pédiatriques. Matilda y passe deux semaines pendant lesquelles les médecins réalisent la gravité de son cas. Ils découvrent que l’infection des sinus contre laquelle l'adolescente luttait s’était propagée à travers ses méninges, jusqu’à son cerveau. La simple sinusite avait progressé chez la patiente jusqu'à provoquer un AVC. 

Mais comment expliquer la survenue d'un AVC aux suites d'une sinusite ? La piste la plus probable est celle de la thrombose du sinus caverneux. Il s'agit de la formation d'un caillot dans une veine qui peut être causée par la propagation de bactéries à la suite d'une infection des sinus. À ce sujet, le site de l'Assurance maladie Ameli.fr mentionne l'infarctus cérébral à l'origine veineuse. "Cette thrombose veineuse cérébrale ne représente qu'1 % des AVC et peut survenir à tout âge", note la plateforme, avant de préciser que la sinusite fait partie des infections qui peuvent favoriser sa venue. 

"On nous a dit que Matilda courait un risque élevé de subir un autre AVC catastrophique. On nous a prévenus de ne pas nous faire de faux espoirs", raconte Kimberley Stacey, la mère de Matilda, dans les pages du journal local The Northern Echo. Par la suite, Matilda a subi une opération des sinus en urgence. Ce qui ne l'a pas empêché de refaire un second AVC pendant son hospitalisation. 

Vivre à nouveau, malgré les séquelles 

Malgré tout, la suite des événements marque le début d’un long rétablissement pour Matilda. Pendant deux mois encore, la jeune patiente reste hospitalisée et entame sa rééducation. Elle doit réapprendre à tout faire : se déplacer, s'exprimer, mais surtout jouer au football.

Aujourd’hui, bien que marquée à vie par sa période d’hospitalisation, Matilda pratique de nouveau son sport de prédilection. Elle évolue au sein de l’équipe de Newcastle United, spécialisée dans le football pour personnes atteintes de paralysie cérébrale. “Être de retour sur le terrain signifie tout pour moi. Cela me rappelle que ma vie ne s'est pas arrêtée lorsque j'ai eu mon AVC”, scande Matilda dans une déclaration rapportée par la locale Gazette de Northumberland.

Alors qu’elle discourait devant l’assemblée, Matilda expliquait la raison qui l'avait poussée à raconter son histoire : "Les gens pensent que les AVC ne touchent que les personnes âgées. Mais cela peut arriver à n’importe qui, même aux enfants." Une sensibilisation de plus en plus nécessaire, puisqu’une étude publiée par la revue JAMA Network révélait en 2022 qu’entre 2002 et 2018, les cas d’AVC chez les moins de 55 ans avaient augmenté de 67%.