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Le jelqing, la tendance qui affole les urologues

Cette pratique consiste à tirer sur son pénis en semi-érection quotidiennement dans l’espoir de l’allonger. Aucune étude ne prouve l'efficacité de cette pratique, et elle peut même s’avérer dangereuse.

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Le jelqing, la tendance qui affole les urologues
© Visual Hunt

"Vous connaissez le JELQ ? Ça consiste à tirer sur le pénis en semi-érection en faisant des mouvements comme pour « traire » dans l'espoir de l'allonger. C'est fragile un pénis, soyez doux !" alerte sur Twitter le Dr Gilbert Bou Jaoudé.

Le médecin généraliste et sexologue, membre du Centre d'études et de traitements des dysfonctions sexuelles et du couple de Lille, relaie ainsi un avis de la société internationale de médecine sexuelle publié le 31 juillet. Sur son site Internet, le collège d’experts rappelle que cette "technique" n’a jamais fait preuve de son efficacité, et qu’elle peut entraîner des blessures.

Qu’est-ce que c’est, exactement ?

Il s’agit de faire un cercle avec son pouce et son index afin d’entourer la base du pénis. L’homme bouge ensuite l’anneau ainsi formé de haut en bas, tout en tirant fortement sur la verge. Cet "exercice" est censé durer plusieurs minutes.

Les adeptes du jelqing affirment que cela permet de faire circuler plus de sang dans le pénis, d’où une érection plus importante. Ils pensent également que cette pratique régulière crée de micro cicatrices sur la peau de la verge, qui, en guérissant, forment de nouvelles cellules, qui agrandissent le pénis. Mais rien de tout ça n’a été prouvé scientifiquement.

Capture d'écran du site "spécialisé" dans les troubles de l'érection Druid Project

Quels sont les risques ?

Les adeptes du jelqing ont davantage de risques de développer une maladie de Lapeyronie, une courbure de la verge due à une perte d'élasticité au niveau de l'albuginée, l'enveloppe qui renferme les corps caverneux.

La perte d'élasticité est due à une fibrose, une transformation fibreuse de l'enveloppe des corps caverneux. Dans la majorité des cas, les plaques fibreuses se localisent au niveau dorsal du pénis, ce qui entraîne une incurvation vers le haut. L'angulation peut aller de quelques degrés à plus de 90 degrés. Quand la courbure devient trop importante, l’homme peut ne plus avoir d’érections.

Une pratique populaire sur Internet

Sur certains forums exclusivement masculins des sites comme jeuxvideo.com ou Reddit, de nombreux internautes échangent sur leur pratique du jelqing. La plupart sont de jeunes hommes complexés, particulièrement par la taille de leur pénis.

"Le premier et deuxième centimètres sont temporaires. Je crois que si tu continues pas, en gros, si t'as pas l'intention de gagner au moins 6 cm, laisse tomber. Et puis, tu peux gagner en circonférence aussi", affirme un membre de jeuxvideo.com. "J'ai testé perso, j'ai pris 2 cm en trois mois, puis j'ai arrêté. Ça fait quelques années, j'ai gardé 1 cm sur les 2 cm pris" abonde un autre.

Mais certains d’entre eux semblent se rendre compte de la supercherie. Comme l’a repéré le magazine américain Rolling Stone, dans la conversation "r/IncelsWithoutHate" sur le forum Reddit, un utilisateur anonyme se lamente sur la taille "pathétique" de son sexe, et se plaint de ne constater aucune amélioration à ce niveau-là, malgré huit mois de pratique intensive. Et il est loin d'être le seul dans son cas.

Une détresse réelle

Le complexe de ces hommes peut prêter à sourire, mais il n’est pas à prendre à la légère. Comme le rappelle la société internationale de médecine sexuelle, certains hommes vivent la petite taille de leur pénis comme une véritable détresse.

"Une médecin ou un psychologue peut les aider à mieux appréhender l’échelle de tailles des pénis. Cela doit aussi leur faire comprendre que les procédures pour agrandir le sexe masculin peuvent entraîner de graves complications, dont des infections, des dysfonctions érectiles, et des déformations péniennes" conclut le collège d’experts.

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