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Un prof de sport... avec une main bionique

Thomas De'Kimpe a perdu ses doigts lors d'un accident de bricolage. Depuis quatre mois, ce professeur de sport teste une main bionique.

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Ce professeur de sport a été choisi par une équipe de prothésistes pour tester une main bionique pendant sa rééducation

Thomas De'Kimpe a perdu ses doigts de la main droite en 2018 lors d'un accident de bricolage. Les tentatives de greffes échouent, il bascule dans le monde du handicap et doit affronter le regard des autres. La chance lui sourit quand on lui propose de tester une main bionique qu'il ne lâche plus depuis maintenant quatre mois.

"Le moment où je n'avais pas encore la main, quand je suis venu au travail, je cachais ma main. Elle était sous la table. J'avais toujours cette impression que tout le monde la voyait. Et maintenant, avec la prothèse, c'est tout autre chose. Ce n'est plus un regard de pitié mais un regard de surprise, d'étonnement", confie le professeur de sport.

Une main bionique plus vraie que nature

La prothèse de Thomas est un bijou technologique dont il est pour l'instant le seul à bénéficier dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. Des électrodes placées dans la main captent les mouvements des muscles encore fonctionnels de son moignon. Ses contractions déclenchent ensuite l'un des 32 gestes préenregistrés : "Pour moi, c'est carrément ma main droite. Elle m'apporte tout : manger, porter des affaires, les gestes de précision, jouer aux cartes...", se réjouit Thomas.

Il a fallu un mois de rééducation pour faire disparaître les douleurs provoquées par la prothèse. "Ce qui limite aujourd'hui la prothèse, c'est la non motorisation du pouce. Seuls les quatre doigts longs sont motorisés, le pouce doit être mécaniquement déplacé par le patient. Une des évolutions de cette prothèse sera peut-être d'avoir un jour un pouce motorisé", espère le Dr Aurore Chabaud, médecin rééducateur.

Aujourd'hui, la prothèse de Thomas est conçue pour fonctionner cinq ans. D'ici là, les progrès lui offriront peut-être une main encore plus proche de la réalité. Depuis son accident, Thomas De'Kimpe a également développé dans son établissement un projet handisport pour sensibiliser ses élèves.

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