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Deux mois dans un lit pour la recherche spatiale

PETIT BOULOT - L'institut de médecine et de physiologie spatiale, basé à Toulouse, a lancé au début du mois de septembre le recrutement d'hommes âgés entre 20 et 45 ans, prêts à rester 60 jours en position horizontale, les pieds légèrement surélevés. Une méthode éprouvée pour simuler les modifications physiologiques qui surviennent lorsque la gravité est très faible, ici destinée à évaluer les effets d'un complément alimentaire. Une indemnité de 16.000 euros est promise aux volontaires.

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Deux mois dans un lit pour la recherche spatiale
Expériences sur la microgravité au Medes (images d'archives).

Dans une station spatiale, la situation d’impesanteur (ou, à tout le moins, de microgravité) entraîne progressivement des modifications physiologiques sensibles, qui font l’objet de toutes les attentions. Pour contrevenir à certaines de ces modifications, l’activité physique est indispensable dans l’espace. L’intérêt d’une supplémentation nutritionnelle préventive n’est, pour l’heure, pas encore démontrée.

Sur Terre, les compléments alimentaires n’ont d’utilité qu’en cas de carence avérée. Pour statuer de l’utilité d’un mélange de substances antioxydantes et anti-inflammatoires sur l’organisme des spationautes (en soutien d'une activité sportive régulière), l'Institut de médecine et de physiologie spatiale (Medes) de Toulouse a annoncé le lancement d’une étude clinique sur son site.

L'établissement recherche vingt hommes âgés de 20 à 45 ans en parfaite santé, non-fumeurs, dont l’indice de masse corporelle est compris entre 22 et 27, pratiquant une activité physique sportive régulière. Leur mission : rester allongés 60 jours, la tête légèrement plus basse que les pieds (situation dans laquelle les modifications physiologiques sont comparables à celles subies en microgravité). Un groupe recevra le cocktail d’antioxydants et d’anti-inflamatoires en plus de son alimentation normale.

"L'étude nécessite 88 jours d'hospitalisation dont 60 jours de simulation d'impesanteur", précise le Medes. "Les 14 premiers jours permettront de réaliser les mesures de base puis suivront 60 jours d'alitement et les 14 derniers jours seront dédiés au recueil des mesures post alitement et la récupération."

Dans un entretien au journal Le Figaro, Marie-Pierre Bareillela responsable scientifique de l’étude, précise que l’alitement forcé "[entraînent] une migration des liquides de l'organisme, qui va interpréter cela comme une hypervolémie, c'est-à-dire une augmentation du volume sanguin par rapport à la normale. Il va alors chercher à mettre en place des mécanismes pour éliminer ce surplus". Les participants aux expériences de microgravité doivent donc s'attendre à perdre une partie de leur masse musculaire, à une déminéralisation osseuse et à l'appariton d'une résistance à l'insuline.

L'ensemble des participants effectuera quotidiennement des activités sportives en position horizontale. Prélèvements sanguins et biopsies seront également au programme de chaque journée au Medes. Le Figaro note que, pour cette expérience, les participants "ne seront pas autorisés à recevoir des visites de leurs proches", mais qu'ils "bénéficieront d'un soutien psychologique [continu]".

Une indemnité de 16.000 euros, versée sur quatre ans, est promise aux participants. Une première expérimentation débutera en janvier 2017, une seconde étant programmée pour septembre. Les personnes intéressées peuvent d’ores et déjà rentrer en contact avec le Medes !

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