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Etude sur l'étiquetage nutritionnel : le PDG de l'Inserm démissionne du comité de pilotage

​Le PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Yves Lévy, a annoncé sa démission du comité de pilotage de l'étude sur l'étiquetage nutritionnel des produits alimentaires, diligentée par le gouvernement pour mieux informer le consommateur, confirmant une information du journal Le Monde.

Rédigé le , mis à jour le

"Etiquetage nutritionnel : de nombreux conflits d'intérêt", chronique de Rudy Bancquart du 13 juillet 2016

Le scientifique n'a pas souhaité commenter sa décision. Selon le journal Le Monde, dans son édition du 12 juillet 2016, le fait que les "réserves et critiques" du responsable sur "la rigueur méthodologique de l'étude" n'aient pas été prises en compte par le comité de pilotage sont à l'origine de cette démission.

Le comité de pilotage de dix membres est co-présidé par le directeur général de la Santé, Benoît Vallet, et Christian Babusiaux, président du Fonds français pour l'alimentation et la santé (FFSA), un organisme financé par les industriels.

Toujours selon Le Monde, trois chercheurs ont également quitté le comité scientifique de l'étude en raison de la présence de membres ayant des liens avec l'industrie agro-alimentaire ou la grande distribution, qui ont chacun proposé leur propre système d'étiquetage. Interrogé par l'AFP, le ministère de la Santé reconnaît "du lobbying autour du logo nutritionnel" mais affirme en citant l'exemple du tabac que "cela n'a pas empêché de faire le paquet neutre".

Le ministère rappelle aussi que les quatre types d'affichage qui vont être testés auprès des consommateurs ont été validés par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pour l'étude, qui sera financée "à 100% par des fonds publics".

En mai, le ministère de la Santé a annoncé le lancement des tests auprès des consommateurs à partir de septembre 2016, dans plusieurs grandes surfaces.

Le principe d'un nouvel étiquetage a été acté dans la loi sur la modernisation du système de santé, votée fin 2015, mais les industriels se sont élevés contre un code avec cinq couleurs (du vert au rouge), préconisé par le Haut conseil de la santé publique (HCSP).

Face à la demande pressante des industriels en faveur d'une étude menée directement dans les grandes surfaces, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a décidé de lancer un test comparatif entre quatre systèmes : le "Nutri-score" (pour cinq couleurs) défendu par le HSCP, celui avec trois couleurs en vigueur au Royaume-Uni, "Nutri-repère" (conçu par l'industrie agro-alimentaire) et un dernier utilisé par la grande distribution ("SENS").

Les résultats de l'étude sont attendus en décembre 2016 et "l'Anses rendra ensuite un nouvel avis scientifique étayé", a indiqué à l'AFP le ministère. Le nouvel étiquetage doit rendre plus compréhensible les informations actuelles qui détaillent la quantité de glucides, protides, lipides par portion de 100 grammes et parfois la teneur en vitamines.

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