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Antibiorésistance : un premier constat alarmant de l'OMS

Le programme de surveillance de l’antibiorésistance de l’OMS livre ses premiers chiffres. La situation est préoccupante dans les pays riches comme dans les pays pauvres.

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Antibiorésistance : un premier constat alarmant de l'OMS
Antibiorésistance : un premier constat alarmant de l'OMS

Fin 2015, l’Organisation mondiale de la santé a créé le GLASS, programme international de surveillance de la résistance aux antibactériens, auxquels participent une cinquantaine de pays (dont la France ne fait pas partie) [1]. Les premiers constats dressés, portant sur 22 pays, sont inquiétants.

La situation française

Selon un rapport ministériel rendu public en septembre 2015, près de 160.000 patients développent chaque année en France des infections dues à des bactéries multirésistantes aux antibiotiques et près de 13.000 en meurent.

Le réseau de surveillance rapporte les cas de bactéries résistantes (à au moins un antibiotique d’usage courant) chez des personnes suspectées d’une infection sanguine. Si dans certains pays, aucun cas n’est identifié, la part de patients antibiorésistants peut dépasser les 80%.

"Les taux de résistance à la pénicilline, médicament utilisé depuis des décennies pour traiter la pneumonie partout dans le monde, vont de 0% à 51% dans les pays ayant notifié des données", détaille l’OMS. De plus, dans les cas où une infection par Escherichia coli est identifiée, "entre 8% et 65% des [bactéries] présentent une résistance à la ciprofloxacine, un antibiotique couramment utilisé contre ces infections".

Voir également : Résistance aux antibiotiques : un mort toutes les trois secondes en 2050

Les bactéries résistantes les plus souvent signalées dans le premier rapport du GLASS [2] sont Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus aureus et Streptococcus pneumoniae, suivies de Salmonella spp.

"Certaines des infections les plus courantes, et potentiellement les plus dangereuses, s’avèrent résistantes aux médicaments", commente le Dr Marc Sprenger, directeur du secrétariat chargé du problème de la résistance aux antimicrobiens à l’OMS.

"De plus, et c’est bien ce qui est le plus inquiétant, les agents pathogènes franchissent les frontières", poursuit-il. "C’est pourquoi l’OMS encourage tous les pays à instaurer de bons systèmes de surveillance pour détecter la pharmacorésistance et alimenter en données ce système mondial."

la rédaction d’Allodocteurs.fr


[1] GLASS regroupe actuellement 25 pays à revenu "élevé", 20 pays à revenu "intermédiaire" et 7 pays à revenu "faible". Les données présentées portent sur les 22 pays ayant déjà fourni des données sur leurs niveaux d’antibiorésistance.

[2] L’OMS précise que le GLASS exclut la recension des cas de résistance de Mycobacterium tuberculosis, responsable de la tuberculose, celle-ci faisant l’objet d’un suivi spécifique depuis 1994.

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