Qu'est-ce que le pemphigus paranéoplasique, dont le rappeur Prince Waly est mort ?

Cette maladie auto-immune rare est souvent associée à des cancers. Très agressif, le pemphigus paranéoplasique est fatal dans environ 90 % des cas.

Par Robin Couturier

Rédigé le

Les maladies auto-immunes peuvent toucher tous les organes du corps humain

Allodocteurs.fr - Newen France

Le rap français vient de perdre l’une de ses plumes les plus virtuoses. À 34 ans, le rappeur Prince Waly, Moussa Magassa de son vrai nom, a succombé ce dimanche 4 octobre "des suites d’une longue maladie contre laquelle il se battait avec courage depuis 8 ans", indique son label dans une publication Instagram. L’artiste originaire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) souffrait d’un pemphigus paranéoplasique, une maladie très rare.

Prince Waly luttait effectivement depuis de nombreuses années. Son combat commence en mars 2019 lorsqu’il apprend subitement qu’il souffre d’un thymome, un cancer du thymus dans la partie supérieure du thorax. “Je me lève un matin, plus un son qui sort de ma bouche. (...) Et on m'apprend qu'à seulement 27 ans, que je suis atteint d'un cancer. (...) Je fais des chimiothérapies, etc. Ça m'a bousillé pendant deux ans”, narre-t-il dans "Mercy", dernier morceau de son premier et unique album "Moussa", sorti en 2022.

Une maladie auto-immune très agressive 

C’est bien plus tard, au début du mois de septembre 2026, que Prince Waly annonce dans une story Instagram qu’il ne s’est jamais défait de la maladie et qu’il lutte contre un pemphigus paranéoplasique. Le rappeur indiquait avoir perdu 28 kilos en l’espace de quatre mois et manifestait sa volonté de “tout partager” du parcours qu’il traversait, avec son public.

Mais alors, de quoi parle-t-on quand on évoque le pemphigus paranéoplasique ? Le site Orphanet, portail de référence sur les maladies rares, le formule ainsi : l’affection est une “forme rare de dermatite bulleuse auto-immune caractérisée par des lésions cutanées polyformatives, apparaissant d'abord sur les muqueuses buccales, et généralement associée à un lymphome ou à une leucémie lymphoïde chronique.” 

Puisqu’auto-immune, le pemphigus paranéoplasique est une maladie qui provoque des attaques du système immunitaire envers ses propres tissus. Concrètement, l’affection engendre des lésions cutanées et des cloques très douloureuses. Celles-ci surviennent notamment au niveau des muqueuses, situées dans la bouche, sur les lèvres et dans l'œsophage. La maladie est d’autant plus grave qu’elle est généralement associée à des cancers, principalement les lymphomes et la leucémie lymphoïde chronique.

Seulement 500 cas recensés dans le monde 

Aussi, il faut noter qu’il s’agit d’une affection très rare puisqu’en 2020, Orphanet rapportait l’existence de seulement 500 cas dans la littérature médicale à travers le monde. Si le pronostic après avoir contracté l’affection peut varier en fonction de sa nature, le pemphigus paranéoplasique reste mortel dans 90% des cas. Orphanet explique que “le taux de mortalité élevé s'explique par l'apparition d'infections sévères (parfois dues à des médicaments immunosuppresseurs), l'évolution de l'affection maligne sous-jacente ou de la bronchiolite oblitérante liée à la réponse auto-immune”.

Orphanet explique que le traitement est généralement constitué de corticostéroïdes systémiques souvent accompagnés d'immunosuppresseurs. Cela étant, "l'efficacité du traitement varie en fonction de l'affection maligne sous-jacente".