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Verrues : le papillomavirus en cause

Vulgaires, planes ou pédiculées, les verrues sont très fréquentes et très contagieuses. Peu esthétiques, elles se développent sur les mains, les pieds, le visage et même les organes génitaux. Comment éviter la contamination ? Quels sont les traitements efficaces ?

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Verrues : le papillomavirus en cause
Verrues : le papillomavirus en cause
Sommaire

Qu'est-ce qu'une verrue ?

Marina Carrère d'Encausse et Philippe Charlier expliquent l'apparition des verrues

Peu esthétiques, les verrues sont contagieuses et parfois douloureuses. Les verrues envahissent les mains, la plante des pieds, le visage et même les parties génitales. Les verrues sont des petites excroissances rugueuses de la peau liées à un virus de la famille des papillomavirus. Dans la grande majorité des cas, elles disparaissent spontanément au bout de deux ans. Mais quand elles sont gênantes ou deviennent douloureuses, on est prêt à tout pour s'en débarrasser.

Les verrues sont causées par un virus très courant : le papillomavirus. Le virus se développe au niveau de l'épiderme, la couche la plus superficielle de la peau. Il entraîne une prolifération anormale de cellules. Une excroissance se forme : c'est la verrue. Elle est ensuite recouverte d'une couche cornée, des cellules très superficielles qui forment une fine pellicule de protection.

On distingue plusieurs types de verrues :

  • les verrues vulgaires (brunes ou grisâtres, de texture râpeuse). Elles sont généralement regroupées en amas et présentes sur des zones d'extension comme les coudes, les genoux ou les poignets.
     
  • les verrues planes sont lisses et rondes. Parfois rouges ou jaunes, elles se développent en groupe, sur le visage et le dos des mains. On voit alors une verrue mère, plus grosse que les autres, entourée de plusieurs petites.
     
  • les verrues plantaires ou myrmécies. Elles peuvent se retrouver sur les mains. Les verrues plantaires peuvent aussi être noirâtres et douloureuses à l'appui.
     
  • les verrues pédiculées sont plus rares. Elles sont reliées à la peau par un pédicule, une sorte de pied fin. On peut facilement les arracher. Le visage, le cou et les lèvres sont le plus souvent atteints.
     
  • les verrues génitales. Ce sont les condylomes.
     

Etant donné que l'origine des verrues est virale, elles sont donc très contagieuses. À la fois par auto-contamination, par exemple d'une main vers une autre, ou vers d'autres endroits du corps. Et d'autre part, par la contamination vers une autre personne. Plusieurs mois peuvent s'écouler entre la contamination et l'apparition de la verrue.

Savoir reconnaître les verrues

Les verrues situées sur les mains peuvent être particulièrement gênantes au quotidien.

Les verrues vulgaires sont grisâtres et souvent regroupées en amas. Elles se situent surtout sur les zones d'extension : les coudes, les poignets et les genoux. Au toucher, elles sont râpeuses mais il ne faut pas essayer de supprimer la couche de peau qui les protège, car le risque de contagion est important.

Les verrues planes sont lisses et rondes. Parfois jaunes, elles se développent en groupe, sur le visage et le dos des mains. On voit alors une verrue mère, plus grosse que les autres, entourée de plusieurs petites.

Enfin, les verrues pédiculées sont plus rares. Elles sont reliées à la peau par un pédicule, une sorte de pied fin. On peut facilement les arracher. Le visage, le cou et les lèvres sont le plus souvent atteints.

Il existe une catégorie dangereuse de verrues : les crêtes de coq, dont le nom médical est le condylome. Situées sur les organes génitaux de l'homme ou de la femme, c'est une maladie sexuellement transmissible.

Il est impératif de se traiter et de faire traiter son partenaire car ces crêtes de coq peuvent s'accompagner de phénomènes cancéreux. Il est souvent difficile de s'en débarrasser. Les dermatologues utilisent le laser ou la chirurgie quand les verrues sont étendues.

Verrues : modes de contamination et traitements

L'efficacité des traitements des verrues dépend aussi de facteurs psychologiques.

Les verrues sont très contagieuses. À la fois par auto-contamination, par exemple, d'une main vers une autre ou vers d'autres endroits du corps ; et d'autre part, par contamination vers une autre personne.

Plusieurs mois peuvent s'écouler entre la contamination et l'apparition de la verrue. Il faut savoir que nous sommes d'autant plus sensibles aux verrues quand nous sommes fatigués, avec un rhume ou une infection. L'état des défenses immunitaires joue en effet un rôle essentiel dans la contamination.

Mais les modes de contamination ne sont pas vraiment élucidés. On sait que les sols humides des piscines, des plages et des centres d'activités sportives augmentent le risque de transmission.

De plus, une éraflure ou une petite coupure facilite l'entrée du virus dans l'organisme. Les personnes dont la peau a tendance à s'assécher et à fendiller ou celles qui souffrent d'eczéma risquent donc davantage d'être infectées. En revanche, on ne risque rien en touchant quelqu'un qui a des verrues.

Les facteurs psychologiques jouent apparemment eux aussi un rôle sur les verrues. Ils peuvent les faire apparaître et disparaître. C'est peut-être pour cette raison que les traitements ne sont pas toujours efficaces.

Verrues : le point sur les traitements locaux

Pour traiter les verrues, plusieurs traitements locaux sont proposés dans les pharmacies.

La verrue est inesthétique. Elle peut se développer partout sur le corps et elle est contagieuse. Du coup, les pharmacies proposent toute une gamme de produits qui chacun à leur manière tente de les supprimer.

"Pour se débarrasser des verrues, on utilise souvent des produits dits kératolytiques, c'est-à-dire qu'ils vont assouplir la peau et petit à petit faire disparaître la corne créée par la verrue", explique Eric Myon, pharmacien.

Le produit le plus connu est l'acide salicylique que l'on trouve sous différentes présentations : "On trouve différentes formules sous forme de pommade, sous forme de film et de vernis que l'on applique une à deux fois par jour. Pour certaines petites verrues, on peut aussi utiliser des petits patchs déjà imprégnés qui vont ensuite tenir avec un sparadrap et qui vont ainsi permettre une action locale ciblée. On peut aussi utiliser directement l'emplâtre à base de feuilles de saule qui sont imprégnées naturellement d'acide salicylique".

Un autre produit très actif est le nitrate d'argent : "Le nitrate d'argent permet de cautériser, donc de brûler, d'assécher petit à petit la verrue. Il suffit de l'utiliser comme un petit crayon qui fera des points noirs et de l'appliquer délicatement sur les zones où la verrue est présente", précise Eric Myon. Toutefois le nitrate d'argent est à utiliser avec précaution surtout chez les enfants.

En cas de verrue, il est aussi possible d'avoir recours à la phytothérapie : "On utilise beaucoup les teintures mères de chélidoine et de thuya qui ont des vertus pour réduire la charge virale autour de la verrue et en même temps un effet cytostatique qui va empêcher le développement de la verrue et donc cette prolifération de peaux dures. Il va ainsi pouvoir résorber la verrue".

Enfin, à côté de ces produits prêts à l'usage, il existe aussi des traitements personnalisés. Ce sont des préparations magistrales. Elles sont fabriquées par le pharmacien sur prescription médicale : "Il peut arriver que les dermatologues nous demandent de faire des vaselines salicylées avec une concentration en acide salicylique qui varie entre 10 et 50%. Cela permet d'adapter le traitement à la verrue".

Chacun peut donc trouver le traitement qui lui convient en fonction de la situation de ses verrues et la gêne qu'elle provoque. "Pour tous ces traitements quels qu'ils soient, si on observe une irritation, une gêne ou une blessure, il faut bien évidemment l'arrêter". Et si les verrues persistent trop longtemps, n'hésitez pas à consulter un dermatologue.

Verrues : le traitement à l'azote liquide

Traitement des verrues à l'azote liquide

Quand on souhaite se débarrasser d'une verrue, le traitement le plus courant proposé par les dermatologues est l'azote liquide. Un gaz très froid est pulvérisé sur la verrue pour détruire les cellules qui contiennent le virus.

La première étape du traitement à l'azote liquide consiste à gratter efficacement la zone de la verrue avec une lame de scalpel afin d'affiner au maximum la verrue pour que l'azote aille le plus en profondeur.

Le dermatologue prépare ensuite la bouteille d'azote liquide. Un gaz porté à une température extrême (- 180°C) qui est pulvérisé sur la verrue. Ce grand froid appliqué sur la verrue permet de congeler l'eau dans les cellules, qui vont alors exploser et mourir.

Après le traitement, le patient doit appliquer tous les soirs une pâte à base d'acide salicylique et d'acide lactique pour continuer à détruire le virus. Sans oublier de gratter la verrue pour la faire diminuer.

Verrues : le traitement par laser à colorant pulsé

Traitement des verrues au laser à colorant pulsé

Parfois les verrues sont coriaces, elles résistent aux traitements locaux et il est compliqué de s'en débarrasser. Certains dermatologues utilisent alors le laser à colorant pulsé.

Le laser à colorant pulsé est réputé peu invasif. Il vise les vaisseaux du derme (couche secondaire de la peau) en les chauffant. En moyenne, deux séances de laser colorant pulsé sont nécessaires pour traiter les verrues récalcitrantes.

Verrues : le traitement au laser CO2

Traitement des verrues au laser CO2

Certaines verrues peuvent résister à l'azote liquide, voire se multiplier. Quand les traitements classiques ne fonctionnent plus, en dernier recours, il existe une méthode plus radicale pour éliminer le virus : le laser CO2.

Le laser CO2 est un traitement drastique. "L'avantage du laser CO2 par rapport aux autres techniques, comme il est très chaud, il détruit à la fois la verrue et le virus", explique le Dr Dominique Egasse, chirurgien dermatologue. Dans 80% des cas, le laser CO2 vient à bout des verrues les plus tenaces.

Verrues : les remèdes de grand-mère

Quelques astuces pour lutter naturellement contre les verrues

L'oignon, le citron et le vinaigre... ne servent pas qu'à assaisonner la salade… Pour se débarrasser des verrues, certains remèdes de grand-mère se transmettent de génération en génération.

Les facteurs psychologiques comme le stress et les contrariétés favorisent l'apparition des verrues et dans ce contexte, certaines recettes relèvent parfois plus de la croyance que de la science, mais certains y croient.

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