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L'hydroxychloroquine contre le Covid n'est plus autorisée en France

Le gouvernement français met fin à l’autorisation dérogatoire de l’hydroxychloroquine contre le Covid, hors essai clinique. Dans la foulée, le CHU d'Angers et l'étude Discovery ont suspendu leurs essais sur ce médicament.  

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L'hydroxychloroquine contre le Covid n'est plus autorisée en France
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / baranq

Une page se tourne pour l’hydroxychloroquine. Dans un décret paru au Journal Officiel, le gouvernement a abrogé ce 27 mai les dispositions dérogatoires qui autorisaient la prescription de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19 à l'hôpital en France. Seul son usage dans le cadre d’un essai clinique encadré reste autorisé.
En conséquence, par mesure de précaution, le CHU d'Angers et l’étude européenne Discovery ont annoncé suspendre leurs essais portant sur l’hydroxychloroquine.

Le décret met également fin à la prescription hors essais cliniques contre le Covid-19 du Kaletra, médicament associant lopinavir et ritonavir, deux anti-rétroviraux, pointé par l'ANSM pour ses risques cardiaques.

Deux avis défavorables

Pour l'hydroxychloroquine, cette décision fait suite aux avis défavorables du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), après la parution, dans la revue médicale The Lancet, d'une étude montrant que ce médicament était inefficace voire nocif.

Ainsi, le 26 mai, le Haut conseil de la santé publique (HCSP), saisi par le ministre de la Santé Olivier Véran, avait recommandé de "ne pas utiliser l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19" hors essais cliniques, que ce soit seule ou associée à un antibiotique.
Le même jour, l’ANSM annonçait en parallèle avoir "lancé" la procédure de suspension "par précaution" des essais cliniques évaluant l'hydroxychloroquine chez les patients atteints de Covid-19.

A lire aussi : Covid-19 : la chloroquine inefficace voire dangereuse, selon une importante étude

Autorisée jusqu'ici pour les cas graves

En France, depuis la fin du mois de mars, l'hydroxychloroquine - médicament dérivé de l'anti-paludéen chloroquine - pouvait être prescrite à titre dérogatoire à l'hôpital contre le coronavirus.
Cette prescription était réservée aux patients gravement atteints, sur décision collégiale des médecins.

L'hydroxychloroquine, commercialisée sous le nom de Plaquénil en France, peut toujours être prescrite dans le cadre de son Autorisation de Mise sur le Marché, notamment comme traitement de certaines maladies inflammatoires telles que le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L’OMS a suspendu ses essais cliniques

Deux jours avant la décision du gouvernement français, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonçait avoir suspendu temporairement et par mesure de précaution les essais cliniques avec la chloroquine et l’hydroxychloroquine qu’elle mène dans plusieurs pays.

Depuis le mois de février, l'hydroxychloroquine connaît une notoriété inédite, quand le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études. Selon lui, ces travaux montrent une efficacité de l'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l'azithromycine, contre le coronavirus. Une interprétation controversée et vivement critiquée par une partie de la communauté scientifique.

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