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Coronavirus : quand les croisières ne s’amusent plus

Secoué par le coronavirus et le mauvais exemple du Diamond Princess, le secteur des croisières accuse le coup. Sur les paquebots, la promiscuité des passagers et la surpopulation facilitent en effet la propagation des virus ou des bactéries.

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Coronavirus : quand les croisières ne s’amusent plus
Le paquebot Diamond Princess amarré au port de Yokohama (Japon) en novembre 2019. Crédits Photo : Creative Commons / Neo-Need

Quand une croisière se transforme en cauchemar sanitaire : le coronavirus Covid-19 menace d'écorner l'image des paquebots et de faire tanguer les acteurs mondiaux du secteur. En pleine épidémie, les experts qualifient en effet ces bateaux de croisière de "redoutables foyers de contagion".

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Le cas d’école du Diamond Princess

L’exemple le plus marquant pour le Covid-19 est celui du Diamond Princess et du calvaire de ses passagers immobilisés en quarantaine au Japon alors que les contaminations se multipliaient à bord.

Un cas d'école des risques d'infection en milieu confiné : sur quelque 3.700 passagers et membres d'équipage, plus de 630 ont contracté le nouveau coronavirus, faisant du navire le principal foyer de contagion hors de Chine.

Coup dur pour le secteur des croisières

Dans le cas du coronavirus, la gestion de la crise du Diamond Princess par les autorités japonaises a été critiquée, la quarantaine semblant avoir exacerbé la propagation du virus. Un autre paquebot a été confiné à Hong Kong et une passagère d'un troisième navire de croisière, qui a accosté au Cambodge, a également été contaminée.

En réaction, les principales compagnies - Royal Carribean, Costa Croisières ou encore MSC Croisière - ont annulé leurs départs prévus depuis des ports chinois. Les autorités américaines ont par ailleurs déconseillé à leurs ressortissants de voyager par navires de croisières vers l'Asie ou en Asie, et prévenu que le gouvernement n'avait pas d'obligation de rapatrier ses citoyens éventuellement bloqués par le virus dans un pays étranger.

Un coup dur pour le secteur puisque l'Asie est le troisième marché en volume, derrière les États-Unis et l'Europe, avec 4,24 millions de passagers en 2018, selon l'association professionnelle Clia. Et les Chinois représentent plus de la moitié de la clientèle des croisières en Asie.

Un rebond prévu à la fin de l’épidémie

Mais l’épidémie de coronavirus pourrait-elle se traduire par une désaffection durable ? "Comme lors de précédentes crises sanitaires (impliquant un paquebot), il y aura peut-être un ralentissement des réservations, car les gens sont suspendus à l'actualité", souligne Stewart Chiron, expert du secteur aux Etats-Unis. Cependant, dès que l'épidémie de coronavirus s'atténuera et disparaîtra des médias, "on peut s'attendre à un rebond vigoureux des réservations, au retour à la normale de la fréquentation", insiste-t-il.

D’autant que l’essor spectaculaire du secteur paraît difficile à enrayer : la fréquentation des croisières a quasiment doublé en l'espace d'une décennie. Et malgré la montée en puissance de l'Asie, environ la moitié des croisiéristes ayant voyagé en 2019 étaient toujours nord-américains, selon la Fédération internationale des compagnies de croisières. Ce qui pourrait limiter les effets négatifs en termes de fréquentation, face à une épidémie restant pour l'heure largement asiatique.

"On ne sait jamais quelles infections peuvent s'inviter à bord"

Certes, le coronavirus est "un exemple extrême", reconnaît Tara C. Smith, professeur d'épidémiologie à la Kent State University (Etats-Unis). Mais les risques sanitaires sont véritablement plus élevés en croisière, insiste-t-elle: "Les paquebots amplifient les contextes de contagion en raison de la promiscuité constante entre passagers".

"On ne sait jamais quelles infections peuvent s'inviter à bord, et après, on est piégé avec ses compagnons de voyage", s'alarme la spécialiste. "Personnellement, je ne tenterai pas ma chance. Je ne vois pas ça comme des vacances relaxantes".

En effet, "ces bateaux de croisière sont d'excellents vecteurs pour des épidémies, qu'il s'agisse de simples rhumes ou de gastro-entérites", commente de son côté John Oxford, professeur de virologie à l'université Queen Mary de Londres. "Immanquablement, ces bateaux sont surpeuplés. Avec autant de passagers, il peut y avoir des relâchements dans l'hygiène", explique-t-il.

Des passagers âgés souvent vulnérables

Les Centres américains pour le contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont ainsi fait état en 2019 de huit épidémies de gastro-entérites à bord de paquebots. Des éruptions de rougeole, de varicelle, ou d'intoxications à la bactérie Escherichia coli ou à la salmonelle ont également été recensées ces dernières années... de quoi gâcher des voyages coûtant plusieurs milliers d'euros.

"Et malheureusement, les passagers des croisières traditionnelles tendent à être assez âgés, ce qui les rend plus vulnérables", avertit le docteur Simon Clarke, de l'université britannique de Reading.

Mais l’expert du secteur des croisière Stewart Chiron se veut rassurant, et affirme qu'il y a un décalage entre perception et réalité : "Quand des virus sont découverts à bord, diverses procédures et protocoles sont suivis pour nettoyer le navire et enrayer les contaminations", observe-t-il. Au final, sur 31 millions de passagers ayant participé à des croisières l'an dernier, seuls 1.038 ont contracté une gastro, soit... 0,003%, souligne l'expert, citant des chiffres des CDC.

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