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Levothyrox : "J'avais vraiment la sensation de mourir"

Pour la justice, les patients ont bien été informés du changement de formule du Levothyrox. Une décision qui a provoqué la colère des malades de la thyroïde, victimes d'effets indésirables après cette modification.

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"Levothyrox : la colère des patients", entretien avec Chantal Molinier de l'association "Vivre sans thyroïde"

Ce mardi 5 mars, le tribunal d'instance de Lyon a écarté tout "défaut d'information" du laboratoire Merck dans l'affaire du Levothyrox. La décision a provoqué une immense déception chez les plaignants. Ils étaient 4.113 à s'être regroupés dans une action collective. La réaction de Chantal Molinier, l'une des plaignantes, membre de l'association Vivre sans Thyroïde.

  • Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?

C. Molinier : "Je suis en colère. D'abord parce que quand cette nouvelle formule est sortie, nous n'avons pas été prévenus. On nous a mis devant le fait accompli. Et, après nous sommes tous tombés malades."

  • Le jugement indique que la notice du Levothyrox contient des informations "suffisamment précises et pertinentes". Qu'en pensez-vous ?

C. Molinier : "Il n'y a rien dans la notice. A part nous dire qu'ils ont retiré le lactose pour mettre du mannitol et de l'acide citrique. Le reste est inexistant. Mon médecin n'a pas été prévenu. Il n'a rien reçu du laboratoire. Quand je suis allée renouveler mon ordonnance, ma pharmacienne m'a dit : « ne t'inquiète pas, ils ont juste changé la boîte. La formule a un peu changé mais c'est tout »."

  • Quels symptômes avez-vous ressentis lors du changement de formule ?

C. Molinier : "C'était une grand fatigue, beaucoup de nausées... Mais une fatigue au point de ne pas pouvoir aller me laver. J'avais vraiment la sensation de mourir. C'est ce que j'avais dit à mon mari. Moi, je prends du Levothyrox depuis les années 80 puisque je n'ai plus de thyroïde depuis cette date-là. L'ancienne formule nous convenait très bien. Je n'avais pas de souci jusqu'en avril 2017, où là les soucis ont commencé apparaître. J'ai pris cette nouvelle formule pendant plus de six mois où vraiment j'ai cru que j'allais mourir. Et je ne sais pas si vous êtes au courant mais il y a quand même des personnes qui sont décédées suite à ça."

  • Votre avocat va faire appel de cette décision. Qu'en attendez-vous ?

C. Molinier : "On veut être reconnus comme victimes. L'aspect financier n'est pas notre souhait premier. Ce qui est important pour nous, c'est de retrouver notre Levothyrox comme nous l'avions avant. Et qu'on soit reconnus comme victimes. Parce qu'on a plus été reconnues comme folles que comme victimes."

Si vous souhaitez plus d'informations sur le sujet, rendez-vous sur les sites de Vivre sans Thyroïde et l'Union pour la prévention et la gestion des crises sanitaires (UPGCS).

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