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Levothyrox : l’enquête élargie à "homicide involontaire"

L'information judiciaire ouverte en mars 2018 à Marseille pour "blessures involontaires" dans l’affaire de la nouvelle formule du Levothyrox vient d’être élargie à la notion d’"homicide involontaire".

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Levothyrox : l’enquête élargie à "homicide involontaire"

Le parquet de Marseille, qui avait ouvert une information judiciaire pour "blessures involontaires" dans le volet pénal du dossier du Levothyrox, l'a élargie à "homicide involontaire", a indiqué, lundi 4 février, le procureur de la République de Marseille à l'AFP, confirmant ainsi une information donnée par Le Parisien. Cette information judiciaire, ouverte contre X le 2 mars 2018 pour "tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui", a été confiée au pôle santé du tribunal de grande instance de Marseille. Celui-ci doit enquêter sur les plaintes de milliers de malades de la thyroïde victimes d'effets secondaires de la nouvelle formule du médicament. Selon le procureur de la République, Xavier Tarabeux, le parquet a pris un réquisitoire supplétif du chef "d'homicide involontaire" le 30 novembre dernier.

Etape normale ou décisive ?

"Cette étape judiciaire constitue une étape normale de la procédure, dès lors que des plaintes invoquent ce motif", a réagi le laboratoire allemand Merck dans un communiqué. "Aucune conclusion ne peut être tirée de ce réquisitoire supplétif : je suis confiant dans la démonstration qui pourra être faite à terme d’absence d’infraction commise par Merck", a souligné l'avocat du laboratoire, Me Mario-Pierre Stasi. Selon Merck, "les conclusions des rapports de pharmacovigilance publiés en 2018 indiquent clairement qu'il n'y a pas de lien établi entre les cas signalés de décès dans la base de données de pharmacovigilance et la nouvelle formule du Levothyrox".

"Ce n’est pas une victoire mais c’est une étape décisive" a, de son côté, réagi Me Christophe Lèguevaques, avocat de victimes, dans un communiqué. Après les "décès suspects" de deux jeunes femmes qui prenait du Levothyrox, il avait demandé l'ouverture d'une information judiciaire pour "homicide involontaire".  "Nous sommes bien face à une crise sanitaire majeure et toute la lumière doit être faite sur les comportements des uns et des autres ou la complaisance de certains à l’ANSM qui ont laissé commercialiser un produit dont la dangerosité était scientifiquement connue", accuse l'avocat. 

Trois millions de patients sous Levothyrox

En France, trois millions de patients prennent du Levothyrox pour soigner une hypothyroïdie ou après une opération pour un cancer de la thyroïde. En 2012, une nouvelle formule du médicament avait été réclamée par l'Agence du médicament (ANSM) au laboratoire Merck, afin de rendre le produit plus stable dans le temps. Arrivée sur le marché fin mars 2017, celle-ci ne portait pas sur le principe actif du médicament, mais uniquement sur les excipients.

Une pétition pour réclamer le retour de l'ancienne formule avait rassemblé plus de 170.000 signatures, début septembre. La comédienne Anny Duperey, une des patientes à avoir porté plainte, avait également adressé une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Face à l'ampleur du mouvement, Mme Buzyn avait annoncé, le 15 septembre, que l'ancienne formule du médicament serait à nouveau disponible. Dès novembre, Merck avait cependant précisé que l'ancienne formule, l'Euthyrox, seulement disponible au compte-goutte, ne serait plus distribuée en France au-delà de 2018.

Dans le volet civil du dossier, une action collective a également été engagée contre le laboratoire Merck pour défaut d'information et préjudice d'angoisse. Le procès a eu lieu à Lyon en décembre 2018. Le délibéré doit être rendu le 5 mars prochain.

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