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Hygiène féminine : des nouvelles protections non toxiques

Alors que les tampons et serviettes hygiéniques sont actuellement pointés du doigt en raison de la présence de résidus "potentiellement toxiques", des nouvelles protections féminines font leur apparition sur le marché.

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"Règles : de nouvelles protections non toxiques", chronique de Setti Dali, du 9 avril 2018

Des traces de chlore, de dioxine (polluant industriel), de phtalates et de glyphosate dans les tampons, des résidus de pesticides et de plastique dans les serviettes hygiéniques... Les tampons et les serviettes hygiéniques sont aujourd'hui pointés du doigt et inquiètent les utilisatrices. Utiliser des protège-slips et des tampons, qui échappent à toute réglementation, peut s'avérer "toxique". Mais heureusement, il existe désormais des alternatives aux protections traditionnelles.
 

  • Les protections hygiéniques bio

La marque Natracare est spécialisée dans les tampons et serviettes en coton bio depuis 28 ans. Mais à la suite du scandale mis en lumière par le documentaire d'Audrey Gloaguen "Tampon, notre ennemi intime", de nouvelles marques sont apparues.

Une ancienne journaliste en santé a ainsi lancé sa propre marque, dont le nom est l'acronyme de "Juste et honnête". Les produits sont certifiés coton bio, mais l'originalité est de s'inscrire sur Internet et de s'abonner. Vous recevrez trois boîtes tous les trois mois. La boîte coûte 6,50 euros, et 10 centimes sont versés à deux ONG (Gynécologie sans frontières et W4) qui distribuent ces produits aux femmes migrantes ou réfugiées.

 

  • La coupe et l'éponge menstruelle

La coupe menstruelle est l'alternative la plus célèbre, on la trouve partout, grandes surfaces ou pharmacies, impossible de passer à côté. Ce petit récipient souple, en latex et en forme de cloche s'introduit à la main dans le vagin. Il protège environ 6 heures d'affilée. On le retire en tirant sur la tige. Durée de vie : 10 ans. Pour un prix variant de 10 à 30 euros, son achat est amorti en six mois.

Toutefois, sa manipulation exige un peu d'entraînement, une toilette avec lavabo pour le laver discrètement, et il ne fonctionne pas toujours bien la nuit, en position allongée. Une étude menée par le Pr Lina qui a analysé plus de 700 tampons usagés avait semé le doute sur les coupes accusées, au même titre que les tampons, de provoquer des chocs toxiques. Au final, rien n'est prouvé. En revanche, les coupes menstruelles génèrent une arrivée d'air plus importante, et donc d'oxygène, ce qui peut favoriser la croissance du staphylocoque. Par conséquent, l'étude conseille de ne pas les porter la nuit et plus de six heures de suite.

Moins invasif, il existe aussi l'éponge menstruelle. Elle a un grand pouvoir absorbant. On les rince à l'eau sans savon surtout, et à la fin du cycle, on les nettoie avec du vinaigre. L'inconvénient, la protection est sans ficelle et très molle. En cas de problème, la récupération de l'éponge peut donc être compliquée. D'autre part, elle est déconseillée aux femmes portant un stérilet.

  • ECODIS
    Serviettes hygiéniques et éponges menstruelles.

 

  • La serviette lavable

Sur Internet, des vidéos tuto fleurissent pour vous apprendre à confectionner vous-mêmes une serviette 100% coton bio et absorbante. Mais il est possible de les acheter directement. On en trouve de toutes sortes : en coton bio ou en matières non irritantes comme le chanvre ou la fibre de bambou, avec un design et des coloris branchés, des tailles différentes...

Ces serviettes lavables sont ultra-confortables mais elles nécessitent du temps. Car après chaque utilisation, il faut laver à l'eau froide, frotter puis passer en machine. C'est le prix du 0 déchet. Les ventes explosent. Leur prix : 16 euros pour deux serviettes, soit 80 euros pour un lot de dix (contre 30 euros par an pour l'achat de serviettes jetables). L'investissement est certes élevé au départ mais plus économique à long terme.

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