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Comment réagit notre corps face à l'hypothermie ?

L'hiver arrive, le thermomètre chute dangereusement et les risques d'hypothermie augmentent, notamment chez les SDF. La température moyenne du corps est de 37°C et lorsqu'elle passe en dessous de 35°C, on parle d'hypothermie. Les fonctions vitales sont alors en danger… Mais comment se manifeste ce phénomène et comment l'organisme réagit-il ? Quelles sont les précautions à prendre pour l'éviter et que faire en cas d'hypothermie ?

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Comment réagit notre corps face à l'hypothermie ?
Prise en charge par les secours d'une personne souffrant d'hypothermie avec une couverture chauffante. (Credit image MEC)

Quels sont les mécanismes corporels qui interviennent en cas d'hypothermie ?

L'hypothermie désigne une température inférieure à 35°C. Elle est d'une gravité variable : modérée entre 35 et 34°C, moyenne jusqu'à 32°C, grave de 32°C à 25°C. C'est à partir de 28°C que le cœur risque de s'arrêter… Mais avant d'arriver à cette situation extrême, le corps met en place toute une série de mesures pour maintenir la chaleur.

Tout d'abord des frissons et des grelottements, le pouls et la respiration s'accélèrent, la peau devient blême et froide… Au niveau des extrémités un phénomène particulier se met en place : la vasoconstriction (un resserrement des vaisseaux sanguins) ; l'objectif est de préserver les organes vitaux en redirigeant le sang des extrémités vers le cœur et les poumons.

Mais si la personne reste dans le froid, elle rentre dans la phase d'épuisement : somnolence, chute de tension avec son lot de vertiges, d'étourdissements, de confusion, ralentissement du pouls,… Des réactions paradoxales se mettent en place, comme des bouffées de chaleur. Les muscles responsables de resserrer les vaisseaux sanguins se relâchent. Résultat, le sang jusqu'alors maintenu dans les tissus vitaux afflue soudainement vers les extrémités. Cette réaction peut être extrêmement dangereuse car certaines personnes confuses se déshabillent pour soulager ces bouffées, ce qui peut leur être fatal. C'est ce que l'on appelle le "déshabillage paradoxal".  

Puis la personne s'évanouit, la circulation sanguine et la respiration s'arrêtent : elle meurt des conséquences de l'hypothermie.

Que faire en cas d'hypothermie ?

L'hypothermie est une urgence, c'est pourquoi la première chose à faire est de prévenir les secours. Il faut emmener si possible la personne dans un endroit chaud mais ne surtout pas la bouger. Contrairement au réflexe que l'on peut avoir, il ne faut pas réchauffer la victime de manière active, par frottement ou contact avec un objet chaud. Car si l'on apporte de la chaleur de cette façon "active", le sang froid va retourner au cœur, abaisser la température et il peut provoquer un arrêt cardiaque. Si l'on utilise un objet chaud, il peut provoquer une brûlure sur la peau très froide, d'autant plus que le malade est anesthésié par le froid et ne ressentira pas la douleur. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l'hypothermie est combattue de façon passive en laissant la victime se réchauffer toute seule.

Et c'est à l'hôpital que le réchauffement actif est effectué, par perfusion ou par lavage d'estomac avec une solution chauffée. Autre possibilité, l'inhalation d'oxygène réchauffé.

Quelles sont les précautions à prendre ?

Plusieurs recommandations permettent d'éviter l'hypothermie. Tout d'abord, il est conseillé de se protéger des environnements froids : se couvrir avec plusieurs épaisseurs retient la chaleur, sans oublier de couvrir les extrémités, avec des gants et un bonnet (20% de la chaleur sont retenus au niveau du crâne). Si l'on est mouillé, il faut aussi vite que possible se changer avec des vêtements secs (un vêtement trempé perd 90% de sa capacité isolante). Remuer au maximum pour faire circuler le sang et se réchauffer, est essentiel. Attention aux vêtements trop serrés qui ralentissent à la circulation sanguine. Derniers conseils, s'abriter pour éviter le vent et boire régulièrement pour réchauffer son corps.

L'alcool est à éviter parce qu'il donne une fausse impression de chaleur du fait de la dilatation des vaisseaux. En réalité, la température du corps baisse d'1/2 degré pour une quantité de 50 grammes d'alcool (soit 5 verres de vin ou 5 bières).

Quelles sont les personnes le plus à risque ?

Les bébés sont très sensibles à l'hypothermie puisqu'ils n'ont pas encore tout à fait atteint leur capacité à réguler la température du corps. Les nourrissons perdent beaucoup de chaleur par la tête, un bonnet est vivement recommandé lorsqu'il fait froid. Les personnes âgées ressentent moins le froid car leur organisme reçoit moins bien les signaux alertant du froid ; les mécanismes de défense contre le froid, comme la vasoconstriction des vaisseaux, sont altérés. De même, la sensation de froid est biaisée chez les alcooliques, ce qui les rend plus faibles.

Les sans-abri directement exposés au froid en sont les principales victimes : en 2014, le collectif Les Morts de la rue a recensé 124 décès durant les quatre mois d'hiver les plus froid (de novembre à février). Les patients atteints de maladies cardiovasculaires et respiratoires ainsi que les personnes à mobilité réduite (incapacité de bouger pour se réchauffer) sont plus vulnérables. Enfin, il y a un lien entre hypothermie et thyroïde car les hormones thyroïdiennes régulent une partie de la production de chaleur. Si les hormones thyroïdiennes manquent, le fonctionnement du corps se ralentit et la sensation de froid apparaît.

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