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L’hypertension largement sous-diagnostiquée en France

En France, un homme sur quatre et plus d’une femme sur trois sont en hypertension, selon une étude de Santé publique France publiée ce 24 avril. Mais près d’une personne sur deux ignore cette situation. Et nombre de ceux qui en sont informés ne suivraient pas de traitements.

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"Les Français, des hypertendus qui s'ignorent", entretien avec le Pr Albert Hagège, cardiologue

Se fondant sur une enquête menée entre 2014 et 2016 auprès de 2.169 Français âgés de 18 à 74 ans (étude Esteban), l’agence Santé publique France dresse dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire un constat alarmant : trois personnes sur dix sont hypertendues. La fréquence de l'hypertension apparait plus élevée chez les hommes que chez les femmes (36,5% contre 25,2%), et augmente avec l'âge.

Selon la Société française de cardiologie, l'hypertension artérielle est "directement liée à 13% des décès annuels dans le monde". Elle la considère comme une "véritable maladie chronique", qui doit être prise très au sérieux, et recommande de se faire prendre la tension par un médecin "au moins une fois par an à partir de 40 ans".

En France, on considère qu’il y a hypertension lorsque la pression artérielle systolique est supérieure ou égale à 140, ou que la pression artérielle diastolique est supérieure ou égale à 90.

Cette maladie chronique reste mal détectée puisque 45% des hypertendus identifiés au cours de l’enquête (50% des hommes, 37% des femmes) n’avaient pas connaissance de leur hypertension. Sur l’ensemble des hypertendus identifiés, seuls 52,7% prenaient un traitement.

Une exception française

En comparant ces nouvelles données avec d'autres recueillies dix ans plus tôt, Santé publique France a constaté que l'hypertension n'était ni mieux détectée ni soignée. "Aucune amélioration du dépistage et de la prise en charge de l'hypertension n'a pu être mise en évidence. Chez les femmes, la prise en charge thérapeutique s'est même dégradée sur la période", a déploré l'autorité sanitaire. Les causes de cette évolution ne sont pas identifiées par les chercheurs. Ils jugent néanmoins "primordial de poursuivre les efforts de prévention en matière d'activité physique et de nutrition, principaux déterminants de l'hypertension".

Les chercheurs notent que, dans les autres pays à revenus élevés, la prévalence de l’hypertension artérielle a diminué entre les années 2000 et 2010, notamment grâce à la mise en place d’actions de prévention contre la sédentarité et la réduction des apports alimentaires en sel, comme par exemple en Italie. "De la même manière, la connaissance de la maladie, son traitement et son contrôle ont évolué de manière positive dans les autres pays à revenus élevés, alors que la situation est restée stable en France pour la connaissance et le contrôle et s’est dégradée vis-à-vis du traitement", poursuivent-ils. La situation est particulièrement notable chez les femmes.

Les auteurs s’interrogent sur le rôle de la suppression, en juin 2011, de l’hypertension artérielle sévère de la liste des affections de longue durée (ALD). "En effet, si l’impact financier reste minime pour les bénéficiaires d’une couverture complémentaire, cette suppression […] entraine une hausse du reste à charge pour les autres patients. De plus, la suppression de la « reconnaissance » de la pathologie par une ALD pourrait entrainer une moindre incitation des patients à initier ou poursuivre leur traitement".

Le tabagisme, une alimentation déséquilibrée, une vie sédentaire, le surpoids et le stress sont des facteurs de risque d'hypertension, qui peut ainsi être due à de multiples facteurs. Parmi ces derniers, on trouve l'hérédité, certaines maladies, certains déséquilibres hormonaux, ou encore la prise de certains traitements.

avec AFP

 

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