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Un frottis régulier pour éviter 90% des cancers du col de l'utérus

Le cancer du col de l'utérus peut être évité dans 9 cas sur 10 grâce au frottis de dépistage, rappelle l'Institut national du cancer (INCa) dans le cadre d'une nouvelle campagne d'information sur cette pathologie qui a tué 1.092 femmes en 2015 en France.

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Un frottis régulier pour éviter 90% des cancers du col de l'utérus
Vignette extraite de la campagne d'information 2017 de l'INCa.

Organisée à l'occasion de la semaine européenne de prévention et de dépistage du cancer du col de l'utérus qui débute ce 23 janvier, la campagne s'inscrit, selon l'INCa, "dans la perspective d'une généralisation du dépistage organisé" de ce cancer qui devrait intervenir l'an prochain.

Les cancers du col de l’utérus sont principalement provoqués par des virus de la famille des papillomavirus humains (HPV), des virus qui se transmettent par voie sexuelle.

Quand la maladie est dépistée, le traitement de référence est la "conisation". Une intervention chirurgicale consistant à retirer les lésions du col de l’utérus qui pourraient dégénérer en cancer. Chaque année, en France, plus de 25.000 conisations sont ainsi réalisées, d'après la Société française de pathologies cervico-vaginales, un tiers de ces traitements ne serait pas justifié.

Elle se déroule à la fois à la radio et sur le web où un film d'animation pédagogique et des outils d'information (cartes, dépliants, affichettes) seront disponibles.

L'objectif est de toucher les 40% de femmes âgées de 25 à 65 ans qui n'effectuent pas de frottis de dépistage à titre individuel tous les trois ans, comme le recommandent les autorités sanitaires.

Ces frottis permettent de repérer les lésions précancéreuses du col et de les traiter avant qu'elles ne se transforment en cancers (10% des femmes qui présentent des lésions vont développer un cancer du col de l’utérus).

Encouragés depuis les années 1980, les frottis ont déjà conduit à une baisse importante du nombre de nouveaux cancers. En 2015, ce nombre avoisinait les 3.000 d'après l'INCa mais avec une augmentation des cancers graves, entraînant une diminution de la survie à 5 ans de 68% dans les années 90 à 62% dans les années 2.000.

Une marge de progression importante

Selon Frédéric Debels, responsable du département du dépistage à l'INCa, la généralisation du dépistage organisé, avec des relances périodiques envoyées aux femmes concernées, devrait permettre de réduire encore de 30% les nouveaux cas et les décès par cancer du col. Il relève que près d'une femme sur 2 ne se fait plus régulièrement dépister après 50 ans parce qu'elle est en général moins bien suivie sur le plan gynécologique après la ménopause.

Le taux de dépistage est également très insuffisant chez les femmes vivant dans des milieux défavorisés, en situation ou atteintes de maladies de longue durée, alors qu'il "permet d'éviter 9 cancers sur 10".

Avant de généraliser le dépistage organisé, 13 départements ont mis en place une expérimentation qui a donné des résultats "très encourageants", selon Nathalie Beltzer, de l'agence Santé publique France, co-auteur de l'évaluation publiée ce 23 janvier dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). L'expérimentation a notamment permis d'augmenter de 12 points le taux de dépistage des femmes âgées de 25 à 65 ans, même si des disparités subsistent selon les départements (avec des taux de couverture qui vont de 41,6% en Martinique à 72,5% en Alsace).

Montée en charge du dépistage en 2017

Dans un éditorial publié dans le BEH, les responsables de Santé publique France et de l'INCa précisent qu'une "montée en charge progressive" du dépistage organisé aura lieu au cours de l'année 2017, avant "la généralisation du programme prévue en 2018".

Au-delà des frottis de dépistage, il existe également un vaccin anti-HPV qui permet d'éviter les lésions pré-cancéreuses. En France, ce vaccin est recommandé chez les jeunes-filles âgées de 11 à 14 ans, avant qu'elles n'entament une vie sexuelle.


Infographie : Institut National du Cancer (INCa)

avec AFP

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