Cancer du col de l'utérus
Ch@t du 24 septembre 2012 de 15h à 16h : les réponses des Drs Hélène Borne et Catherine Scarabin, gynécologues.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses du Dr Hélène Borne, gynécologue
La recoupe a toutes les chances de passer en "zone saine" c'est-à-dire que vous serez guérie et que vous pourrez envisager des grossesses dans quelques mois. Il faudra cependant être suivie de près durant 2 ans puis annuellement durant 20 ans pour éviter de passer à côté d'une récidive rare mais possible. Au total ne vous faites pas de souci, inutile et faites-vous suivre régulièrement.
En France le dépistage se fait par frottis tous les 3 ans après 2 premiers frottis s'ils sont normaux à 1 an d'intervalle. Cela de 25 à 65 ans. Le frottis doit se faire à distance des règles et d'une infection.
Oui les hommes sont porteurs d'HPV et sont donc vecteurs de la maladie pour leurs partenaires mais sont moins fragiles face à cette infection. Il existe cependant de rares cancers de la verge, des cancers l'anus et des voies aériennes supérieures liées aux HPV chez les hommes. Ils contractent la maladie par contact cutanéo-muqueux (et pas seulement pénétration) avec leurs partenaires.
La décision de vaporisation ou conisation n'est pas uniquement liée au "grade" de CIN : 1, 2 ou 3. On prend en compte la visualisation de la "jonction" ou non, et l'étendue de la lésion. Si la conisation n'est pas évitable pour ces 2 raisons, il serait dangereux de préférer une vaporisation mal adaptée qui risque de laisser la lésion mal soignée évoluer à bas bruit. Je vous rassure : la grande majorité des conisations faites en étant "économe" sur le col sont suivies de grossesses sans problème.
Il pouvait s'agir d'un faux positif (ce qui est moins lourd de conséquence qu'un faux négatif) ou bien il y a eu guérison spontanée de la lésion, ce qui est relativement fréquent. Il est néanmoins nécessaire de vous faire suivre régulièrement.
Effectivement les HPV sont fréquents et peuvent être présents lors des rapports MAIS c'est la PERSISTANCE d'un MEME HPV durant des mois, associé à un DEFICIT de l'immunité face à cet HPV qui va être à l'origine d'une lésion : ce n'est pas de cas de 80 % de la population.
Après 30 ans on peut demander un Test HPV (non remboursé par la SS ). Si ce test est positif, la femme sera surveillée + étroitement.
De la même famille, mais les condylomes externes (verrues génitales) ne se transforment pas en cancer. Ils se baladent cependant souvent en groupe .... Avec des condylomes qui eux sont à risque de cancer, d'où l'intêrret de faire un frottis ou une colposcopie en cas de verrues génitales.
Si votre vaccination a été faite avant tout contact sexuel, votre risque de lésion sérieuse du col dans l'avenir est très minime (peut être due à un virus autre que 16 ou 18). Actuellement vous pouvez être porteuse pour quelques semaines ou mois de virus HPV que vous allez éliminer spontanément comme la plupart des femmes avant 30 ans : ne pas s'inquiéter si votre frottis est normal !
Votre partenaire n'aura de lésion que si son immunité n'est pas efficace contre le virus.
Verrues génitales, cancers de l'anus, lésions précancéreuses du vagin et du col, cancers de la vulve, du vagin et du col, cancers des voies aériennes supérieures : conséquences physiques + psychologiques.
La plupart des condylomes de la verge sont liés aux HPV 6 et 11 qui ne dégénèrent pas mais sont très récidivants et sexuellement transmissibles. Ils peuvent se balader avec d'autres plus agressifs qui, eux donneront cancers de la verge ( rares) et cancers du col .
Cela fait partie de l'information donnée aux patients en cours de consultation.
En moyenne 10 à 15 ans.
On peut faire une reperméabilisation du col (petite chirurgie) ou faire un test HPV.
Vaccinée à 14 ans, elle n'aurait du avoir son 1er frottis qu'à 25 ans ..... Trop de surveillance peut être mal supporté psychologiquement.
Test HPV + veut dire que l'on ne doit pas chez vous lever la surveillance. Vous n'aurez peut être jamais plus de lésion mais votre gynéco vous garde pour l'instant sous surveillance rapprochée à juste titre.
Demandez au colposcopiste qui saura vous répondre.
Le tabac diminue l'immunité locale , le col , le vagin et la vulve se défendent donc moins bien contre les virus HPV l'herpes entraine des micro-lésions qui permettent l'entrée des virus HPV dans les muqueuses génitales. Pour ces 2 rasons le risque de cancer est plus élevé.
Non, à condition d'un suivi régulier et rigoureux.
1er frottis pas avant 5 ans après le 1er rapport sexuel. En France dépistage par frottis de 25 à 65 ans.
Oui mais au sens large : contact cutanéo-muqueux.
Les réponses du Dr Catherine Scarabin, gynécologue
Il existe un risque de récidive c'est-à-dire de réinfection par le virus suite à un rapport. Le fait que vous n'ayez pas eu de conisation ne veut pas dire que le virus a disparu puis que l'on ne le recherche pas sur le dépistage (ce sont les anomalies des cellules du col entrainées par le virus). Donc il faut rester prudent et avoir une surveillance rapprochée annuelle. Mais la présence de ce virus, rassurez-vous, n'aura pas de conséquence directe sur la fertilité si l'on dépiste les anomalies au plus tôt.
L'examen du frottis consiste à prélever les cellules à la superficie de la fonction du col (entre l'exocol et l'endocol), soit par étalement sur des lames soit en milieu liquide pour être examiné au microscope.
Oui, on peut le rechercher en prélevant les cellules (comme un frottis) du col et en les mettant dans un milieu liquide pour rechercher l'ADN des différents types du virus HPV (les 16 et 18 étant les oncogènes). Mais dans un contexte de frottis normal l'examen ne sert à rien puisque l'on sait que 80 à 90 % des femmes l'auront rencontré. Donc on le fait que dans les cas de frottis anormal.
Oui mais la seule conséquence pour lui est l'apparition de condylomes facilement curables (pathologie non cancéreuse).
Votre fille a t-elle eu des rapports ? Il est recommandé qu'elle voit un gynécologue pour contrôle de la vulve au minimum. S'il ne s'agit pas du virus HPV 16 ou 18, on peut se poser la question de la vaccination.
Oui par simple contact des muqueuses ou surtout après un "accident de préservatif".
Après un certain nombre d'années si les frottis sont normaux on peut commencer à espacer les contrôles, surtout si vous n'avez pas changé de partenaire.
Rassurez-vous il s'agit d'une maladie uniquement transmissible par les rapports sexuels.
L'examen de recherche du virus est coûteux et sa positivité ne changera pas la conduite à tenir en l'absence d'anomalies. En revanche dans certains cas ou pour des raisons de baisse d'immunité de la patiente ou en cas d'infection MST associée on sera plus vigilant en renforçant la surveillance. De plus le portage du virus n'est pas forcément pour toute la vie car pour la plupart des femmes (80% environ) vont s'en débarrasser dès la première contamination.
Il s'agit de cellules modifiées dont les critères ne permettent pas d'établir un diagnostic précis. Parfois il peut s'agir par exemple d'une inflammation simple du col sans HPV ou rarement une infection HPV débutante. Pour cela il faudra soit surveiller et refaire un frottis à 6 mois soit faire d'emblée une colposcopie.
Non.
Non le vaccin risque de ne pas être efficace.
Si les contrôles à court terme sont normaux vous pourrez envisager une grossesse dans l'année qui suit. La conisation peut parfois entrainer un rétrécissement du col pouvant rendre le passage des spermatozoïdes difficile. En cas de grossesse il faudra surveiller bien l'examen du col, parfois dans certains cas (col restant très court ou ATCD d'accouchement prématuré ou fausse couche tardive) on envisage de faire un cerclage préventif en début de grossesse.
Il faut déjà vérifier que la totalité de la tumeur a été bien retirée (que les berges sont microscopiquement saines sur l'examen de la pièce opératoire). Ensuite il faudra faire une surveillance tous les 3 mois avec une colposcopie à 3-6 mois.
En principe non.
Vous pouvez faire les 2 autres injections puisque l'efficacité sera encore meilleure et même en cas de rapports.
En savoir plus
Le cancer du col de l'utérus est une maladie qui se développe sur la muqueuse du col de l'utérus, elle prend naissance dans la première couche de la muqueuse qui porte le nom d'épithélium. La cause principale de ce cancer est une infection persistante par un virus qui se transmet par voie sexuelle : le papillomavirus humain ou HPV.
Le cancer du col de l'utérus est la 12ème cause de cancer chez la femme et le nombre de nouveaux cas et la mortalité n'ont cessé de régresser depuis vingt ans grâce, notamment, au dépistage par frottis et, à l'amélioration des traitements. Cependant, il représente encore environ trois mille nouveaux cas par an et est à l'origine de près de mille décès par an. La prévention par vaccination devrait faire encore diminuer ces chiffres et le dépistage précoce par frottis permettrait d'éviter la plupart des décès. Plus le cancer du col de l'utérus té tôt, mieux il se soigne. On estime à 2800 le nombre de nouveaux cas en France en 2011.
Le traitement du cancer du col de l'utérus fait appel, selon l'étendue de la maladie, à la chirurgie, la radiotérapie externe, la curiethérapie et la chimiothérapie, utilisées seules ou associées.
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