Crise des vocations en gériatrie

Les internes en médecine désertent les services de gériatrie pour des spécialités qu'ils considèrent comme plus prestigieuses.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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La gériatrie n'a pas la cote chez les futurs médecins. Les étudiants ont quasiment tous fait leur choix d’internat et quarante postes sont toujours vacants sur les deux cent ouverts cette année. Une situation qui provoque l’inquiétude des médecins car, avec le vieillissement de la population, les besoins sont immenses. Les explications du Dr Christophe Trivalle, gériatre à l’hôpital Paul Brousse (Villejuif).

Dr C. Trivalle : "On pense effectivement qu'on va manquer d’internes dans certains services de gériatrie. Des fermetures de lits sont envisageables. À Paul Brousse, nous avons déjà fermé des lits parce qu'il y a déjà eu des diminutions d’internes depuis un an et demi."

Dr C. Trivalle : "Le choix est en cours. Les quarante postes restants, ce sont des perspectives. Les étudiants ne se précipitent pas. Environ 30% des postes ont été choisis alors qu’on est à deux tiers du choix des postes d’internes. La gériatrie est une nouvelle spécialité. Avant, les gens choisissaient de faire gériatrie après avoir fait un certain parcours d’internat et après avoir découvert la gériatrie au cours de leur parcours. Aujourd'hui, dès la fin de la sixième année de médecine, ils doivent dire "je veux faire gériatrie" alors qu'ils n’ont jamais vu ce que c’était."

Dr C. Trivalle : "C’est la vieillesse, le grand âge qui fait peur. Les gens ne sont pas habitués. En gériatrie, on est excessivement confronté à son vieillissement, à la mort, à des situations familiales difficiles donc c'est une médecine qui fait peur."

Dr C. Trivalle : "C'est probablement un risque. Ce n’est pas forcément un choix d’adhésion parce que là, on a dépassé la moitié des choix et on voit qu’il y a beaucoup de postes vacants. Donc, ça veut dire que c’est plutôt dans les derniers que les gens vont finir par choisir gériatrie parce qu’ils n’auront pas envie de faire autre chose. Dans les postes qui restent vacants, qui sont choisis à la fin, il y a la médecine générale, la médecine du travail…"

Dr C. Trivalle : "Alzheimer est justement une des maladies qui est la plus prise en charge par les gériatres. Les neurologues s’occupent des malades jeunes, les psychiatres ne s’occupent pas du tout des patients atteints d’Alzheimer. La gériatrie est une sorte de super médecine interne, c’est-à-dire qu’il faut bien connaître le cœur, il y a la cardiogériatrie, il y a l’orthopédie gériatrique… Ceux qui veulent faire de la maladie infectieuse peuvent faire de la maladie infectieuse du sujet âgé. C’est extrêmement riche et il existe des particularités extrêmement importantes." 

Dr C. Trivalle : "La population vieillit. On aura besoin de plus en plus de gériatres même si en ville, évidemment, ce sont les médecins généralistes qui s’occupent des personnes âgées à domicile qui sont malades. Mais les gériatres avaient demandé 450 à 500 postes. Seulement 200 ont été ouverts et on ne sait même pas si les 200 seront couverts."