Implants capillaires : quels sont les risques d'une greffe de cheveux ?
C'est un phénomène qui a véritablement explosé au cours des dernières années : la greffe de cheveux. Mais quels sont les risques de cette opération et à quoi faut-il être attentif ? On fait le point.

La chirurgie par implants capillaires est une pratique qui s'est beaucoup démocratisée, en partie grâce aux réseaux sociaux. À tel point qu'un voyage en Turquie est devenu synonyme de greffe de cheveux dans le langage familier. Selon l'International Society of Hair Restoration Surgery (ISHRS), c'est un marché qui représentait plus de quatre milliards de dollars au niveau mondial en 2021. Les techniques les plus répandues sont celles de la transplantation d'unité folliculaire (FUT pour Follicular Unit Transplantation) et d'extraction d'unité folliculaire (FUE pour Follicular Unit Extraction). Elles consistent en un prélèvement de greffons à l'arrière du crâne pour les replanter dans la zone dégarnie.
Quels sont les risques d'une greffe capillaire ?
Si vous souhaitez avoir recours aux implants capillaires, sachez que l'opération présente des effets secondaires qui sont relativement fréquents. Il s'agit par exemple de folliculites, ou infections des follicules pileux, qui peuvent faire penser visuellement à de l'acné. Des démangeaisons au moment de la repousse peuvent aussi survenir. Ces effets sont désagréables mais bénins et plutôt minimes.
En revanche, d'autres effets peuvent être plus sévères. "Parfois, les prélèvements sont trop importants sur la zone donneuse ; cela aura pour conséquence une absence de repousse sur cette zone. Plus rarement, des surinfections chroniques peuvent advenir, ce qui va nécessiter un traitement antibiotique" explique le Dr Pierre Bouhanna, dermatologue et chirurgien spécialiste du cuir chevelu, qui pratique lui même l'opération.
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Un diagnostic impératif avant l'opération
La cause la plus commune de recours à une opération de greffe capillaire est l'alopécie androgénétique, plus communément appelé "calvitie". Il s'agit d'une pathologie causée par deux facteurs : une prédisposition génétique, ainsi que l'action d'hormones sexuelles mâles appelés androgènes, selon le Vidal.
Même si vous êtes persuadés d'être touché par cette maladie, il est impératif en premier lieu qu'un professionnel de santé valide ce diagnostic et qu'il vérifie que vous n'avez pas de contre-indication médicale. Pour ce faire, il faut réaliser un bilan complet en amont de l'opération. "Le médecin doit faire un diagnostic clinique de la pathologie qui provoque la perte de cheveux, car ce n’est pas forcément l’alopécie androgénétique qui est en cause. S'il s'agit d'une autre pathologie, c'est celle-ci qu'il faut d'abord traiter" souligne le spécialiste. Même chose pour les personnes dont le dégarnissement est léger, et pour qui il n'est pas vraiment conseillé d'avoir recours à l'opération.
Un suivi pré et post-opératoire essentiel
En second lieu, c'est le chirurgien lui-même qui doit être vraiment compétent et habilité par l'ISHRS, qui forme les médecins du monde entier à pratiquer l'opération. L'essentiel réside dans les informations données en amont de l'opération. En effet le chirurgien doit expliquer clairement l'ensemble des différentes techniques possibles, les effets secondaires qui y sont associés, et recueillir un consentement éclairé du patient. Un délai de réflexion de 15 jours minimum doit ensuite être respecté.
Après l'opération, le médecin doit suivre le patient dans la période post-opératoire mais pas uniquement. En effet, le suivi sur le long terme est primordial car le dégarnissement évolue, et le spécialiste doit être là pour le conseiller.