Comment faire face à la déprime de fin de vacances ?
Plus de sept Français sur dix en souffrent la rentrée venue : le blues post vacances. Le plus souvent court et insignifiant, il peut tout de même être le symptôme de problèmes plus profonds.
Par Robin Couturier
Rédigé le
Comment prendre soin de sa santé mentale
Allo Docteurs - Newen Digital
Fin août, début septembre, et soudain tout s’arrête. Alors qu’on s’éloigne des plages et que l’on se rapproche de notre bureau, l’insouciance des vacances laisse place aux ressentiments que procure la perspective du retour au travail. Tristesse, nostalgie, anxiété, stress… C'est le "blues post-vacances". Pendant quelques jours, notre santé mentale peut être fragilisée, le temps de faire le deuil de notre liberté estivale. Alors, pourquoi ce blues survient-il ? Comment réussir à le surmonter ? On fait le point avec une psychologue du travail.
D’abord, il est important de dire que ce blues de la rentrée est tout ce qu’il y a de plus normal. Une étude réalisée par Opinion Way pour l’entreprise de camping et mobil-home Homair révèle que "72 % des Français ressentent un véritable blues au moment de rentrer de vacances". Un chiffre qui s’élève à 84 % pour les familles avec enfants.
Le dur retour à la réalité
Comment expliquer le phénomène ? "C’est le principe de retour à la réalité, accrédite Françoise François, psychologue du travail spécialisée et fondatrice de la Maison Souffrance et Travail 78. De retour, les travailleurs sont de nouveau confrontés au réel. Et effectivement, il peut y avoir un passage à vide lié au retour des problèmes, à la reprise du travail qu’on a quitté dans des conditions pas forcément favorables.”
Bien que le syndrome de blues post-vacances ne soit pas une maladie clinique reconnue, elle comporte des symptômes que l’on peut aisément distinguer. Parmi eux, on peut trouver entre autres et notamment la mélancolie ou l’anxiété. "On peut généralement constater une perte d’élan vital, une difficulté à se projeter. Comme un état de tristesse ou de nonchalance. Les symptômes peuvent même aller jusqu’aux troubles du sommeil avec les ruminations”, alerte Françoise François.
Un blues qui peut cacher des problèmes sous-jacent
Cela étant, la psychologue explique que le blues de la rentrée n’est pas systématiquement le signe de complications outre mesure. "Il est possible d’avoir le vague à l’âme pendant deux ou trois jours, parce qu’on se souvient qu’on était bien, loin des problèmes à profiter du farniente, concède-t-elle. En revanche, si ce sentiment ne s’estompe pas et se chronicise, ce n’est pas normal. Il est alors préférable de consulter."
Pour cause, la psychologue spécialisée est souvent confrontée à des patients dont le blues du retour est révélateur de problèmes sous-jacents profonds quant à leur situation professionnelle. "Souvent, c’est parce que leur situation au travail est déjà problématique que les gens ressentent ce blues, déplore-t-elle. Quand ils reviennent après être partis, c’est là qu’ils réalisent le bourbier dans lequel ils se trouvent. À ce moment, alors, peut se révéler quelque chose de l’ordre du symptôme « dépressif », entre gros guillemets”, précise la spécialiste.
Les conseils pour surmonter le blues
Quand il s’agit d’aider les vacanciers de retour à surmonter cette période de blues, les psychologues ne tarissent pas de conseils en la matière. Pêle-mêle, les spécialistes conseillent entre autres de prévoir une période tampon entre les vacances et la reprise, de continuer à pratiquer des activités physiques ou même de s’exposer à la lumière du soleil dans la mesure du possible.
Pour Françoise François, le plus important reste selon elle de ne pas s’isoler. “Quand on se sent mal, ça peut être un des premiers réflexes, souffle-t-elle. Au contraire, il faut faire en sorte de garder une vie sociale la plus normale possible. Il faut parler avec son entourage, partager ce que l’on ressent, de manière à se rendre compte que l’on n’est pas seul.”
Une autre solution pour se défaire du blues post-vacances est tout simplement de ne pas revenir au travail. De retour sur l’étude d’Opinion Way pour Homair, nous apprenons qu’un Français sur quatre a déjà prolongé ses vacances pour repousser l’échéance de la rentrée. Une statistique qui monte à 45 % quand on se focalise sur les 18-35 ans. Une astuce dont la radicalité n’a d’égal que son efficacité.