Cardiologie : des nouveaux pacemakers sans sonde testés sur des patients

Aujourd’hui, il existe des pacemakers sans sonde qui s’implantent non plus dans une, mais dans deux cavités du cœur. Reportage au CHU de Grenoble pour découvrir un tout nouveau dispositif.

Adélie Floch
Rédigé le , mis à jour le
Un pacemaker dernière génération
Un pacemaker dernière génération  —  Le Mag de la Santé - France 5

Ce patient d’une cinquantaine d’années présente une anomalie du rythme cardiaque. Pour lui, l’implant d’un pacemaker est recommandé, mais l’appareil, bien connu depuis 60 ans, présente des inconvénients.

"Le maillon faible de la stimulation cardiaque sont les sondes, car elles peuvent se rompre, il va falloir les remplacer. Elles adhèrent au tissu, elles peuvent s’infecter et elles sont très difficiles à enlever", explique le Pr Pascal Defaye, cardiologue à l'unité de rythmologie et stimulation cardiaque au CHU de Grenoble (38).  

Tester un pacemaker sans sonde

Pour ces raisons, des cardiologues participent à un essai clinique international pour tester un nouveau stimulateur cardiaque. Il s'agit d'un pacemaker sans sonde.

"Ce qu’on va implanter à ce patient, c’est un stimulateur double chambre avec un premier stimulateur sans sonde qu’on va mettre dans le ventricule et un deuxième stimulateur, un peu plus petit, qui va être mis dans l'oreillette. Les deux vont communiquer entre eux pour reproduire la contraction normale du cœur", commente le Pr Pascal Defaye.  

Chaque stimulateur est implanté l’un après l’autre. Le chirurgien introduit un guide au niveau de l’aine et remonte la veine fémorale, jusqu'au coeur, en quelques secondes seulement.

Une fois dans la bonne position, l’appareil de quelques centimètres communique à distance avec l'ordinateur. Les fréquences minimales et maximales de stimulation sont maintenant programmées et adaptées au patient.  

Une intervention délicate

L'étape suivante consiste à fixer le dispositif dans le cœur du patient. Une petite vis est installée sur le muscle cardiaque.

Le geste est délicat car le myocarde est fin et il ne faut pas le perforer. Quelques secondes plus tard, l’appareil est bien vissé, il est prêt à être relâché. Le premier stimulateur sans sonde est installé dans le ventricule.

Il faut maintenant répéter la même opération, mais cette fois-ci dans l’oreillette. Pour cette deuxième étape, les médecins sont encore plus vigilants, cette partie du cœur est plus petite et plus fragile. La paroi d’une oreillette droite est pratiquement translucide et notamment dans l’auricule.

Un dispositif en cours d'évaluation

Les deux stimulateurs en place agiront de façon synchronisée pour corriger l’arythmie cardiaque du patient. C'est la mission d’un pacemaker classique, mais sans les contraintes de l’appareil.  

"Pour nous, c’est un petit peu une rupture technologique puisqu’on n'a plus le maillon faible lié à la sonde. Les études très récentes montrent qu’il y a environ 50 % de complications en moins", conclue le Pr Pascal Defaye. 

Pour l’heure, une quinzaine de patients français ont reçu ce dispositif, toujours en cours d’évaluation.  

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