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Un joueur de rugby amateur meurt après un placage

Nathan Soyeux, 23 ans, est décédé un mois après le choc. Il avait été plongé dans un coma artificiel pendant 10 jours.

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Un joueur de rugby amateur meurt après un placage
© Mariana Amaro on VisualHunt.com  

Ce n’était qu’un simple tournoi de rugby entre étudiants d’écoles d’ingénieurs, mais il a été mortel pour Nathan. Le jeune homme de 23 ans, inscrit en 5e année à l'Esirem (Dijon), a subi un placage au cours d’un match disputé le 24 novembre. Il a été pris de nausées, puis a perdu connaissance. Nathan a ensuite été transporté au CHU de Dijon, où il a été plongé dans un coma artificiel pendant une dizaine de jours. Les médecins pensaient qu’ils finiraient par se réveiller, mais son état de santé a fini, contre toute attente, par se dégrader.

Quatre jeunes joueurs décédés en huit mois

Ces huit derniers mois, la violence des placages au rugby a beaucoup fait parler. Quatre jeunes joueurs sont en effet décédés depuis mai 2018 : Adrien Descrulhes (17 ans), un amateur, Louis Fajfrowski (21 ans), Nicolas Chauvin (18 ans), et enfin Nathan Soyeux, qui n’était pas licencié à la Fédération française de rugby.

Depuis septembre 2018, afin d’éviter les commotions cérébrales, le placage est remplacé par la règle du "toucher deux secondes". Le principe est simple : pas de placage, le défenseur doit toucher des deux mains l'attaquant qui a alors deux secondes pour transmettre la balle sous peine qu'elle soit rendue à l'adversaire.

Qu'il y ait eu perte de connaissance ou non, les commotions cérébrales ne sont pas sans risque. Le cerveau est entouré par des tissus que l'on appelle les méninges. L'ensemble baigne dans un liquide, et est protégé par la boîte crânienne. Quand il y a un choc, le cerveau bouge, un peu comme une masse gélatineuse dans de l'eau, et il se cogne contre les parois de la boîte crânienne, d’où des lésions dans le lobe frontal, impossibles à détecter sur un IRM.

"Sortir le joueur de l'aire de jeu pour éviter un deuxième impact"

Dans 80% des cas, la commotion n’est pas accompagnée d’une perte de connaissance. Aussi est-il difficile de la repérer sur le terrain. "Après un choc entre deux joueurs, le joueur peut se relever rapidement, mais avec des symptômes de déséquilibre, l’ataxie, qui durent quelques secondes. La bonne attitude est de sortir le joueur de l'aire de jeu pour éviter un deuxième impact", recommande le Dr David Brauge, neurochirurgien. Car une deuxième commotion aggrave les conséquences neurologiques de la première. Elle peut même être fatale.

Dans 85% des cas, sous dix jours de repos, les troubles rentrent dans l'ordre. Le joueur passe alors une série de tests : équilibre, mémoire, attention… Les résultats sont ensuite comparés à ceux du début de saison.

Dans le rugby français, la santé des joueurs est devenue un sujet de préoccupation majeur, sur fond de baisse du nombre de licenciés (-5,5% entre 2017 et 2018), particulièrement chez les plus jeunes. La faute, en partie, aux KO impressionnants retransmis en direct à la télévision. 

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