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La guerre du blanchiment des dents

Dans sa "Lettre" de septembre, l'Ordre national des chirurgiens-dentistes a décidé de porter plainte contre les centres de blanchiment des dents. Selon les professionnels, ces bars à sourire utiliseraient de façon exagérée un produit reconnu toxique par l'Afssaps.

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La guerre du blanchiment des dents
La guerre du blanchiment des dents

Avoir les dents blanches, le rêve de tout un chacun. Mais pour les dentistes, cela relève plutôt du cauchemar. Entre les "bars à sourire" et les chirurgiens dentistes, la guerre est déclarée.

L’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes (ONCD) a décidé de porter plainte, pour exercice illégal, contre ces enseignes qui vous promettent un blanchiment des dents pour un tarif assez dérisoire comparé à celui des professionnels de la dentition. Dans sa "Lettre" de septembre, l’ONCD a mis en avant l’utilisation exagérée du peroxyde d’hydrogène à des taux "qui dépassent les normes autorisées".

Selon le Dr Alain Moutarde, président de la Commission de la vigilance et des thérapeutiques à l’ONCD, les bars à sourire ont trouvé le moyen de contourner les avertissements sanitaires concernant ce produit, reconnu comme reprotoxique par  l’Afssaps : "Ils ont trouvé un subterfuge en employant du perborate de sodium. Sauf qu'au contact de l'eau, il libère du peroxyde d'hydrogène ! Il faut savoir que c'est un composant utilisé dans les lessives… Je me demande ce qu'attend la DGCCRF pour fermer ces centres."

Or, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) affirme avoir enquêté sur ces enseignes. Elle affirme qu’"il n'a pas été trouvé de présence de peroxyde d'hydrogène mais l'étiquetage n'est pas toujours conforme à la réglementation des produits cosmétiques, et omet de faire figurer des mentions obligatoires". Quant aux "bars à sourires", ils se défendent de toute accusation concernant la mise en danger de la santé de leur client : "Si nos produits étaient dangereux, on aurait été fermés sur-le-champ, s'indigne Yann Toledo, cofondateur de Point Sourire, sur le point d'inaugurer une quatrième boutique à Paris. Nous précisons toujours à nos clients que nous ne remplaçons pas leur dentiste. La campagne de lobbying de ces derniers est basée sur le fait qu'il y a encore beaucoup de guignols dans notre profession. Chez nous, tous les franchisés suivent une formation supervisée par un dentiste référent."

Selon lui, l’enseigne prend toutes les précautions nécessaires : "On ne leur touche pas la bouche. À la moindre douleur, on arrête. Nous refusons les femmes enceintes, celles qui allaitent, ou les gens sous certains traitements médicaux." Sa conviction est que les dentistes s'inquiètent surtout de le voir empiéter sur leurs plates-bandes. A environ 80 euros la séance, les bars à sourire sont en effet une concurrence de taille pour les dentistes, dont la séance de blanchiment s’élève souvent à 300 euros, voire 500 euros pour les plus chers. Ces prix expliquent certainement la prolifération des enseignes de centre de blanchiment à Paris. Venus directement des Etats-Unis, ces centres sont de plus en plus nombreux dans la capitale.

Du côté de l’ONCD, le Dr Alain Moutarde se défend :"Nous sommes dans une démarche de santé publique. Ce qui nous préoccupe, c'est de devoir réparer les dégâts derrière."

Source : Le Figaro.fr

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