Plans cancer I et II : des chantiers inachevés

Avant François Hollande, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient chacun lancé leur programme de lutte contre le cancer, avec quelques réussites, mais surtout beaucoup de chantiers inachevés. Que reste-t-il des deux premiers plans cancer ? Explications.

La rédaction d'AlloDocteurs
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En 2003, a été mis en place le premier plan cancer. Recherches, prévention, dépistage… la maladie est alors attaquée par tous les fronts avec une enveloppe de plus d'un milliard d'euros. Deux plans cancer plus tard, les chantiers sont encore nombreux. À commencer par la lutte contre l'inégalité d'accès aux soins comme le confirme le Dr Julien Dumesnil, gynécologue-obstétricien : "Des personnes vont difficilement chez le médecin, elles n'anticipent pas ce genre de problèmes, elles ne savent pas à quoi sert un frottis, elles ne connaissent pas les programmes de dépistage, elles consultent très peu…".

Le problème d'accès aux soins n'est pas le seul point noir de ce bilan. La cigarette continue de tuer, près de 73.000 personnes par an. Pneumologues et associations attendent un geste fort du gouvernement comme l'explique Jacques Deschamps, secrétaire général du comité de Paris de la Ligue contre le cancer : "le tabac est la seule cause identifiable, certaine à l'origine des cancers. Et il est clair que la Ligue contre le cancer ne baissera pas la garde dans ce combat contre le tabac (…) les derniers rapports montrent une recrudescence du tabagisme et des addictions pour les publics jeunes".

31,5% des adolescents de 17 ans sont des fumeurs quotidiens. À l'Institut national du cancer, on reconnaît que le chantier du nouveau plan est dense : "Nous avons des progrès à faire en termes de prévention et de dépistage, note le Pr Agnès Buzyn, présidente de l'Institut national du cancer. Nous avons également des progrès à faire dans l'après-cancer. Les patients racontent très fréquemment que le cancer est une double peine. Il est une peine en terme de ressenti physique, de douleurs, de fatigue, d'angoisse mais il est aussi une peine financière avec de très grandes difficultés à revivre une vie normale, à se réinsérer dans le monde du travail, à accéder aux assurances. Et alors que plus d'un cancer sur deux guérit, on peut se demander pourquoi le poids de la maladie reste aussi lourd pour les malades".

Corriger les inégalités sociales et territoriales, mieux cibler les actions de prévention, déclarer ouvertement la guerre au tabac… trois grandes lignes que le plan cancer ne peut ignorer. Reste à savoir si les moyens déployés seront suffisants.

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