Garches : la fermeture de l'unité d'oncologie pédiatrique confirmée

Garches : la fermeture de l'unité d'oncologie pédiatrique confirmée

Des proches des patients et la cancérologue Nicole Delépine avaient déposé un recours le 1er juillet 2014 pour suspendre la fermeture du service aux méthodes controversées.

La rédaction d'AlloDocteurs
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La fermeture du service d'oncologie pédiatrique de l'hôpital Raymond Poincaré (Hauts-de-Seine) est désormais effective. Le tribunal de grande instance de Paris vient de rejeter la requête déposée par des parents d'enfants atteints de cancers qui s'opposaient à la fermeture de ce service programmé par l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP). "L'existence d'une voie de fait (une faute grave de l'administration) n'est pas démontrée", relève la juge dans sa décision.

Cette décision fait suite à un recours déposé le 1er juillet dernier par des proches des patients, ainsi que par le Dr Nicole Delépine qui dirige ce service depuis sa création en 2004. Son départ à la retraite, le 18 juillet dernier, devait entraîner la fermeture du service spécialisé dans les cancers de l'os. Le Dr Delépine réclamait, avec l'appui de ses patients, la suspension de la fermeture de l'unité. Son avocat, Me Colomes, demandait lui la prolongation de l'activité de la cancérologue, et la possibilité pour le Dr Delépine de cumuler emploi et retraite.

Le 26 juin dernier, quatre parents d'enfants traités dans le service, avaient entamé une grève de la faim dans l'enceinte même de l'hôpital Raymond-Poincaré, arguant que ce service est unique en France "car il offre un choix thérapeutique" au malade.

Ce mouvement a pris fin le 10 juillet, même si les parents ont averti qu'ils ne s'arrêteraient pas là. Le même jour, la ministre de la Santé Marisol Touraine, confirmait la fermeture du service d'oncologie pédiatrique.

La prise en charge des patients est cependant assurée puisque ceux qui le souhaitent pourront être soignés dans un service similaire à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

"Le combat ne s'arrête pas. Le juge nous invite à nous retourner vers le tribunal administratif que nous avons déjà saisi", explique Emmanuel Ludot, avocat d'Ametist, une association de proches de jeunes malades à l'origine de la procédure. Le nouveau Défenseur des droits, Jacques Toubon, a également été interpellé dans cette affaire et un recours a été déposé devant la Cour européenne des droits de l'homme.

Des méthodes controversées

Les méthodes utilisées par le Dr Delépine sont à l'origine de la fermeture de cette unité. La pédiatre s'oppose notamment à l'entrée systématique des enfants dans les essais cliniques, comme prévu dans le plan cancer mis en place il y a dix ans.

Le service avait été créé en 2004 pour une durée de cinq ans par l'AP-HP. L'autorisation d'exercer, renouvelée en 2009 pour une durée de cinq ans, expire au mois d'août.