Une IRM pour comprendre l’ironie

Une équipe du Laboratoire sur le langage, le cerveau et la cognition de l’Université de Lyon a identifié l’implication d’un réseau de neurones dans la compréhension de l’ironie, et du langage en général. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Neuroimage de juillet 2012.

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Une IRM pour comprendre l’ironie
Une IRM pour comprendre l’ironie

Ce réseau de neurones, connus depuis une dizaine d’années, permet d’interpréter les intentions des individus qui nous entourent et de cette façon, il participe à la compréhension du langage. Il représente ce que les sciences cognitives appellent « la théorie de l’esprit ». Il inclut des zones très spécifiques dans le cerveau : les jonctions temporo-pariétales droite et gauche, le cortex préfrontal médian et le précunéus.

Pour établir le lien entre ce réseau neuronal et la compréhension du langage, les chercheurs ont utilisé l’ironie. C’est une forme de communication particulière qui signifie souvent le contraire de ce qu’elle dit, elle nécessite donc un traitement particulier dans le cerveau pour être comprise.

Dans leur expérience, les scientifiques ont utilisé 20 petites histoires disponibles en deux versions : une ironique et une littérale. Chaque histoire contenait une phrase déterminante qui, donnait le sens ironique ou littéral.

Ils ont alors réalisé une IRM fonctionnelle sur 20 personnes lors de la lecture de 18 de ces histoires choisies au hasard parmi les 20. A ce stade, les sujets ne savaient pas que le test portait sur l'ironie.

Les imageries ont alors montré qu’au moment de la lecture de la phrase déterminante, le réseau « théorie de l'esprit » s'activait plus lorsque la phrase était ironique. Les chercheurs en ont conclu que le réseau participe directement aux processus de compréhension de l'ironie, ce que l’on peut étendre à la compréhension du langage.

Désormais, ils souhaitent approfondir leurs recherches afin de savoir si les sujets sont capables de percevoir l'ironie lorsque ce réseau est artificiellement inactivé. Ceci permettrait de savoir s’il existe d’autres structures impliquées dans cette forme de communication.

Source : "L'ironie sous le spectre de l'IRM", CNRS, le 31 juillet 2012.

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