Quand le marathonien n'est pas en jambes...

Troubles cardiaques et souffle court ne sont pas les seules maux qui guettent le marathonien. A l'occasion du marathon de New York, qui a lieu chaque année le premier dimanche de novembre, retour sur les principales pathologies de l'appareil locomoteur qui guettent ceux qui pratiquent intensément la course à pied.

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Quand le marathonien n'est pas en jambes...
Quand le marathonien n'est pas en jambes...

La pratique intensive de la course à pied (marathon, trail, ultra-endurance...) peut malmener l'appareil locomoteur. Selon Matthias Poussel, médecin diplômé en médecine du sport, "les pathologies les plus fréquemment rencontrées chez les coureurs découlent d’une répétition exagérée de [traumatismes de très petite intensité]." De fait, "celles-ci apparaissent très souvent dans le contexte d’une augmentation soudaine des charges d'entrainement, lorsqu’un geste technique (foulée...) est imparfait, ou lorsque les chaussures ne sont pas adaptées."

A l’occasion d’une revue de la littérature scientifique, des chercheurs brésiliens ont récemment identifié les pathologies musculo-squelettiques les plus fréquentes chez les coureurs.

Au premier rang d’entre elles, se trouve la périostite tibiale (15 à 20% des nouvelles pathologies déclarées), une inflammation de la couche externe du tibia, le périoste. Celui-ci, très innervé et vascularisé, sert de point d’ancrage pour les muscles, les ligaments et les tendons. La douleur, souvent invalidante, est généralement ressentie sur la face intérieure de la jambe. La glace peut permettre de dissiper ces douleurs. Toutefois, une complication fréquente de la périostite tibiale non traitée est la fracture de fatigue (une fissure de l’os). Les symptômes de la périostite imposent donc de prendre du repos et de consulter un médecin.

Représentant environ 10% des pathologies non cardiaque et non respiratoire du coureur, la tendinopathie (ou tendinite) d'Achille arrive donc deuxième du classement. Il s'agit de l'inflammation avancée du tendon d’Achille, cordon fibreux qui relie les muscles à l’os, à l’arrière du pied. Cette tendinite peut être très invalidante. Les traitements disponibles sont nombreux : séances d’électrothérapie, de cryothérapie voire, dans les cas les plus grave, intervention chirurgicale. En cas de rupture du tendon d’Achille, les procédures chirurgicales sont généralement assez lourdes.

En troisième position des pathologies les plus fréquentes chez le marathonien (5 à 10% des cas recencés) se trouve l'aponévrosite plantaire : il s’agit de l’étirement – ou la rupture – de la membrane fibreuse qui relie l’os du talon à la base des orteils (l’aponévrose, ou fascia plantaire). L'inflammation de la membrane peut entraîner la formation de cellules osseuses qui vont finir par créer une excroissance en forme d'épine : l'épine calcanéenne, ou épine de Lenoir.

Vient ensuite une autre tendinite, qui touche cette fois-ci les tendons du genou, procurant une douleur localisée au niveau de la pointe de la rotule (la tendinopathie patellaire). Les traitements sont similaires à ceux proposés pour les autres formes d'inflammations aggravées du tendon.

La cinquième pathologie du marathonien, en terme de fréquence, serait le syndrome de l'essuie-glace (ou syndrome de la bandelette ilio-tibiale). Il s’agit là encore d'une tendinite du genou, qui touche le tendon qui relie le haut du tibia au haut du fémur. Le frottement de ce tendon contre la partie inférieure du fémur, lors de la marche, est à l’origine de son inflammation.

Comme le rappelle le docteur Poussel, dans la plupart des cas, le traitement de ces pathologies repose sur un repos sportif, sur un traitement antalgique et sur une prise en charge fonctionnelle (kinésithérapie). "Mais il est également impératif de corriger les éventuels facteurs de risques, c’est à dire de corriger les gestes du coureur, ou de modifier son programme d'entraînement."

Mieux vaut toutefois prévenir que guérir… Des exercices de renforcement musculaire, notamment de la ceinture abdominale et lombaire, peuvent permettre d’assurer sa posture pendant la course. Ne négligez pas non plus les échauffements !

Source : What are the main running-related musculoskeletal injuries ? Lopes AD, et al. Sports Med 2012 doi: 10.2165/11631170

 

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