Oméga-3 et oméga-6 : leur action bénéfique sur le cerveau expliquée

Des chercheurs français ont mis en lumière le rôle des acides gras polyinsaturés, de type oméga-3 et oméga-6, sur le fonctionnement des cellules nerveuses. Leur étude a été publiée dans la revue Science le 8 août 2014.

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Oméga-3 et oméga-6 : leur action bénéfique sur le cerveau expliquée
A gauche, les membranes contiennent des acides gras monoinsaturés et à droite, des acides gras polyinsaturés. On observe que celles qui contiennent des acides gras polyinsaturés subissent de multiples coupures.

Les acides gras polyinsaturés, de type oméga-3 et oméga-6, sont très abondants au sein des cellules nerveuses. Ils sont particulièrement présents dans la membrane de structures qui participent à la transmission du message nerveux : les vésicules synaptiques.

Sur cette représentation on peut voir la fusion des vésicules synaptiques (en violet) et la libération de neurotransmetteurs dans la synapse. Crédit : cc-by-sa PD-USGOV

Oméga-3 et oméga-6 : des composants clés des cellules nerveuses

Ces vésicules se forment à l'intérieur des neurones grâce à la déformation et au découpage de leur membrane. Lors de ce mécanisme, appelé endocytose, les vésicules encapsulent des neurotransmetteurs. Puis, elles se positionnent à l'extrémité du neurone, près de la synapse - cet espace entre deux neurones par lequel transite l'information. Dès qu'un influx nerveux arrive, signe qu'il faut communiquer avec le neurone voisin, les vésicules synaptiques fusionnent avec la membrane de leur neurone pour libérer leur contenu qui sera alors repris par le neurone voisin. Le message a bien été transmis.

Le travail n'est pas fini pour les vésicules synaptiques. Au prochain influx nerveux, elles devront à nouveau libérer des neurotransmetteurs. Elles se reforment donc très rapidement, en moins d'un dixième de seconde, par une opération cellulaire appelée recyclage synaptique.

Dans leurs travaux, les chercheurs ont montré que des membranes riches en acides gras polyinsaturés se déforment et se découpent beaucoup plus facilement et sont bien plus malléables. La formation de vésicules synaptiques, leur transport et leur recyclage sont donc facilités et accélérés par la présence d'oméga 3 et 6. Selon les chercheurs, l'abondance de ces acides gras dans le cerveau pourrait ainsi représenter un avantage majeur pour les fonctions cognitives.

Flou autour des oméga-3

Les oméga-3 et 6 ne pouvant être synthétisés par l'organisme, cette étude semble confirmer l'importance de leur présence dans l'alimentation. On les trouve notamment dans les poissons gras et les noix.

Toutefois, il convient de rappeler que les oméga-3, qui n'ont eu de cesse de défrayer la chronique, ne sont pas des aliments miracles. D'abord vantés pour leur probable capacité à réduire le risques de maladies cardiovasculaires ou de cancers, leurs vertus ont ensuite été discréditées par des analyses de regroupement d'études (des méta-analyses) qui ont montré l'absence de lien entre la prise de compléments d'oméga-3 et le recul du risque d'accident cardiovasculaire.

Cette étude, qui s'est concentrée sur les mécanismes moléculaires, démontre néanmoins leur action bénéfique sur le cerveau.

Etude de référence : Polyunsaturated phospholipids facilitate membrane deformation and fission by endocytic proteins, Science 8 August 2014, DOI: 10.1126/science.1255288

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