Maternités : du bisphénol A dans le matériel médical

Alors que les phtalates et le bisphénol A sont désormais interdits dans la composition des biberons, des questions se posent sur l’innocuité du matériel médical. Une étude menée par les chercheurs de l’Institut de veille sanitaire montre que ces substances chimiques entrent dans la composition des sondes, cathéters et forceps et passent ensuite dans l’organisme de la mère et de l'enfant.

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Maternités : du bisphénol A dans le matériel médical

Les femmes accouchant par césarienne ou à l'aide de forceps ont des concentrations en moyenne plus élevées de bisphénol A (BPA) et de phtalates que celles qui accouchent naturellement, selon une étude qui pointe le matériel médical comme source potentiel de contamination. Le BPA et les phtalates sont des perturbateurs endocriniens, utilisés dans les plastiques, qui peuvent induire des effets sur le développement de l'enfant et sur la reproduction, rappelle l'étude publiée mardi 28 juin 2011, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

"Les concentrations élevées et les différences mises en évidence selon le type d'accouchement suggèrent une exposition particulière en maternité", soulignent les auteurs de l'étude qui pointent le rôle possible du matériel médical. L'enquête a en particulier permis de déceler un relargage de BPA dans les poches urinaires utilisées notamment lors de césarienne.

L'étude, réalisée en octobre 2007, a porté sur plus de 500 naissances de quatre départements (Seine-Saint-Denis et région Rhône-Alpes), a permis de recueillir et d'analyser 279 échantillons d'urine avec le consentement des familles.

Il s'agit d'une étude pilote qui livre une première estimation de l'imprégnation maternelle à ces substances en maternité. Elle servira de modèle à la grande étude Elfe sur 20 000 enfants nés en 2011 qui seront suivis jusqu'à l'âge adulte. Elfe est destinée à analyser les effets sur leur santé d'expositions à divers polluants et facteurs nutritionnels ou infectieux.

"Ces résultats doivent être pris en compte pour la mise en place d'études de biosurveillance dans cette population", selon le BEH.

"Ils mettent aussi en évidence une voie d'exposition, via les dispositifs médicaux, des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés lors de longs séjours hospitaliers (unité de soins intensifs en néonatalogie ou en gynécologie-obstétrique)", notent les auteurs.

Cette observation "nécessite des approfondissements". En effet, "outre les risques déjà évoqués sur les fonctions reproductrices, les phtalates et le BPA sont également suspectés d'être des perturbateurs thyroïdiens, avec un possible retentissement sur le développement cérébral", ajoutent-ils.

Ainsi, par exemple, une exposition foetale aux phtalates durant le dernier trimestre de la grossesse a été récemment associée à des modifications comportementales chez des enfants de 7 à 9 ans, relèvent-ils.

Source : AFP - 28 juin 2011

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