Manque d'oxygène : préserver le cerveau des bébés

Souffrance foetale, rythme cardiaque diminué, assistance respiratoire... il arrive malheureusement qu'un accouchement ne se déroule pas comme prévu. Dans ce cas, les risques neurologiques pour le nourrisson sont importants.

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Couverture hypothermique : tout pour préserver le cerveau des bébés – Reportage dans les laboratoires et au service de néonatalogie de l'hôpital Robert-Debré (Paris). Vidéo du 8 avril 2010

Que faire lorsqu'un nouveau-né a souffert d'un manque d'oxygène au cours de l'accouchement, qu'il ne parvient pas à respirer seul ou que sa circulation sanguine empêche une oxygénation suffisante de l'organisme ?

En effet, dans ces conditions, de nombreuses cellules cérébrales, insuffisamment alimentées, sont condamnées à mourir. En outre, dans ces conditions d'hypoxie (sous-oxygénation), de multiples composés chimiques sont relâchés par les cellules du cerveau, qui ont une action toxique sur les neurones sains. Des réactions inflammatoires surviennent également localement, avec des conséquences analogues.

De nombreuses zones cérébrales peuvent être endommagées, et les séquelles peuvent être gravissimes.

En réduisant la température du corps, il est possible de ralentir les besoins en oxygène et d'empêcher le déclenchement des réactions inflammatoires ou la sécrétion de composés toxiques. Cette approche, couramment utilisée chez les adultes dans les services de réanimation (réanimation cardio-pulmonaire suite à arrêt respiratoire), a fait l'objet de nombreux essais cliniques chez le nouveau-né au début des années 2000. Ces travaux ont permis d'identifier les conditions les plus protectrices (délais, durée, température) pour le nourrisson.

Aujourd'hui, la technique s'est largement diffusée en France. Les nourrissons souffrant d'hypoxie peuvent être placés sous couverture hypothermique, qui maintient leur organisme à 33,5℃.

Il s'agit d'une combinaison qui se remplit d'eau, dont la température se régule en fonction de celle du bébé.

Selon les dernières évaluations, cette approche permet d'atténuer voire d'empêcher les séquelles à court, moyen et long termes dans la moitié des cas, et d'atténuer sensiblement l'étendue des lésions pour un nourrisson sur quatre.

Dans l'état actuel des connaissances, la technique semble dépourvue d'effets secondaires à court, moyen ou long termes pour les fonctions cardiaques et respiratoires des enfants.

 

Sources :