L'hyperactivité : une véritable maladie

Votre enfant court dans tous les sens, il ne tient pas en place, il est peut-être hyperactif, ou tout simplement un peu agité. En France, 5 % des enfants seraient concernés par le Trouble Déficit de l'Attention avec Hyperactivité (TDAH). Quelles en sont les causes ? Comment diagnostiquer et soigner cette maladie d'origine neurologique ?

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L'hyperactivité : une véritable maladie
L'hyperactivité : une véritable maladie
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Comment expliquer l'hyperactivité

Benoît Thevenet et Marina Carrère d'Encausse expliquent l'hyperactivité

Aujourd'hui on parle de TDAH : de trouble déficitaire d'attention avec hyperactivité. Cela regroupe 3 symptômes : un déficit de l'attention, une hyperactivité et une impulsivité. En France, on estime que 5 % des enfants sont concernés. Des enfants qui pour la plupart sont sous Ritaline®, un médicament qui soulève de nombreuses polémiques, notamment aux Etats-Unis.

Le TDAH est une maladie neurologique qui touche la transmission de l'information au niveau de certaines zones bien précises du cerveau. Pour que l'influx nerveux puisse circuler dans le cerveau, il faut qu'un messager chimique soit libéré par un neurone pour qu'il se fixe sur les récepteurs du neurone suivant avant d'être repris par celui qui les a lâchés et ainsi de suite...

Une des hypothèses fréquemment avancée pour expliquer le TDAH est qu'un messager chimique que l'on appelle la dopamine dont l'un des rôles est de fixer l'attention, est non seulement moins présent mais qu'il y aurait des anomalies au niveau de son récepteur. Résultat la transmission de l'influx ne peut pas se faire correctement. Pour autant, cette du déficit en dopamine dans le TDAH n'a à ce jour pas été prouvée.

Si on compare le réseau cérébral à celui d'un réseau routier, en cas de TDAH, c'est comme si dans les zones responsables du contrôle et de l'inhibition, il manquait des feux et des panneaux de signalisation, du coup impossible de savoir quand il faut freiner ou déclencher une action et c'est ce qui expliquerait l'apparition des troubles.

Une autre substance pourrait être en cause dans l'hyperactivité : le fer. En effet, les enfants hyperactifs présentent une déficience de stockage en fer. Plus le niveau de fer est bas, plus les symptômes de TDAH sont sévères. Cette carence en fer perturberait d'ailleurs la synthèse de la dopamine.

Le fer pourrait donc être un traitement intéressant. A ce jour les médicaments qu'on utilise pour traiter le TDAH activent la sécrétion de neurotransmetteurs comme la dopamine mais leur utilisation reste controversée car d'une part il s'agit de stimulants et d'autre part ils ne sont pas toujours efficaces. De plus, ils ne sont pas dénués d'effets secondaires : perte de l'appétit, insomnie en début de traitement, douleurs abdominales,... Et s'ils améliorent les troubles, ils ne guérissent pas la maladie.

Portrait d'une mère et de son fils hyperactif

Corentin a 8 ans et il est hyperactif. Sa mère Christine raconte son quotidien.

A propos du méthylphénidate, il est indiscutable que ce médicament soulage à court terme la majorité des enfants souffrant du TDAH : "on observe chez eux une amélioration de l'attention", explique François Gonon, neurobiologiste et directeur de recherche au CNRS. "Mais il améliore aussi l'attention chez les sujets sains. Ce type de stimulant est d'ailleurs connu pour augmenter les performances de travail de tout un chacun".


La dopamine est sécrétée par les neurones, dans l'espace extracellulaire, et c'est là seulement qu'elle est active. Normalement, elle est ensuite recapturée dans les cellules pour inverser le processus et cesser la stimulation des neurones. "Certes, les études prouvent que le méthylphénidate inhibe cette recapture, et augmente donc le taux de dopamine extracellulaire. Mais ce résultat, bien réel, n'apporte rien à l'hypothèse de base : les preuves d'un déficit de dopamine sont minces." L'hypothèse du déficit en dopamine dans le TDAH n'est en effet pas prouvée.

L'usage inapproprié par des adultes pour améliorer leurs performances ne justifie pas l'abandon du médicament chez les patients.

La question de la surprescription aux États-Unis peut être posée, notamment dans certains États. Mais la situation en France est radicalement différente, puisque seuls 5% des enfants atteints du trouble sont traités par des médicaments, contre 10% des enfants américains de dix ans traités. Le méthylphénidate a été mis sur le marché en 1995 en France. Un million d'adultes américains utiliseraient cette molécule pour ses effets psychostimulants.

En France, où 9.000 enfants prennent ce médicament, les prescriptions sont très surveillées, avec une initiation exclusivement en milieu hospitalier. Il pourrait provoquer chez 2 à 5% des enfants des hallucinations, réversibles à l'arrêt du traitement.
    
Le méthylphénidate est un psychostimulant amphétaminique à base de méthylphénidate classé comme stimulant du système nerveux central qui présente des risques. Ce médicament peut interférer avec la croissance des enfants, causer de la dépression ou des troubles obsessionnels compulsifs.

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