DMLA : succès d'une greffe de cellules souches

Pour la première fois, des cellules souches embryonnaires humaines ont été greffées à des patientes atteintes de graves maladies de l'œil : la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) et la maladie de Stargardt. L'expérience, menée par la société américaine Advanced Cell Technology (ACT) se révèle très prometteuse. Elle a été publiée dans la revue The Lancet, lundi 23 janvier 2012.

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DMLA : succès d'une greffe de cellules souches

L'essai est doublement novateur. Tout d'abord, c'est la première fois que des cellules de ce type sont utilisées chez l'homme. Mais surtout, les résultats attestent - même modestement - d'une réussite de ce genre de thérapie.

La première patiente, âgée d'environ 50 ans, souffre de la maladie de Stargardt. Une affection génétique de l'œil, qui touche surtout les enfants avant l'âge de 20 ans et se traduit par une altération progressive de la macula (la région centrale de la rétine). Elle concerne environ une personne sur 20 ou 30 000 et conduit rapidement à une baisse importante et irréversible de l'acuité visuelle des deux yeux.

La seconde patiente est atteinte de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). La DMLA, qui se manifeste plutôt après 50 ans, est - elle aussi - une dégénérescence de la macula, et elle entraîne une perte progressive de la vision centrale. La maladie laisse habituellement intacte la vision périphérique ou latérale. C'est la première cause de cécité dans le monde développé.

Chez ces deux patientes, environ 50 000 dérivés de cellules souches embryonnaires ont été injectés directement sous la rétine. D'après The Lancet, "la greffe apparaît sûre après 4 mois et la vision des deux patientes a connu une certaine amélioration".

Alors que ces deux maladies conduisent normalement à une cécité, aucune des patientes n’a perdu la vue. Ainsi, la première qui ne distinguait que les mouvements des mains avant l'opération, distingue à présent ceux des doigts.

L'essai a été conduit pour tester la tolérance et l'innocuité de ce traitement et jusqu'ici, la greffe n'a provoqué aucun effet secondaire important. A présent, de nouvelles études sont nécessaires pour évaluer le traitement. Les auteurs pensent notamment à traiter des patients avec des formes précoces de ces maladies.

Advanced Cell Technology (ACT) a annoncé parallèlement le premier essai de ce type en Europe, au Moorfields Eye Hospital de Londres, avec une opération le 20 janvier 2012, sur un patient souffrant de la maladie de Stargardt.

Source : "Human embryonic stem cells for macular degeneration" The Lancet, January 23, 2012 DOI:10.1016/S0140-6736(12)60028-2

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