Dépendance des personnes âgées : une réforme en manque de moyens

Le plan dépendance est sur les rails mais il se pourrait bien, faute d'un financement adéquat, que ce ne soit un tortillard plutôt qu'un TGV. Trois dossiers patientaient dans les tiroirs du Premier ministre. Jean-Marc Ayrault a déssiné lundi les contours de cet engagement de campagne présidentielle. Dans la ligne de mire, le projet de loi pour la fin de l'année.

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Plan dépendance : entretien avec le Dr Christophe Trivalle, gériatre

Luc Broussy, un des trois rapporteurs, missionné par la ministre des Personnes âgées, Michèle Delaunay  propose d'"adapter les logements, les villes et les territoires au vieillissement de la population" en apposant un autocollant sur les véhicules de personnes de plus de 75 ans, en réservant 20% des logements neufs aux personnes dépendantes. La "maison départementale de l'autonomie" est une autre proposition. Le rapporteur reprend aussi le "guichet unique" proposé en 2011 par Roselyne Bachelot. Les différents projets s'attaquent à l'imbroglio auquel sont confrontées les familles de personnes dépendantes quand elles ont besoin d'aide. Ils sont plus de 4 millions de Français à subvenir aux besoins d'un proche en situation de dépendance. Et il y a beaucoup de travail pour améliorer la situation. Luc Broussy estime que le secteur des aides est pour l'instant "un foutoir sans nom".

Dr Christophe Trivalle, gériatre

Maisons de retraites : de 1.857 à 2.200 euros par mois

L'objectif du plan vise surtout à soulager financièrement les familles qui doivent subvenir aux besoins d'un parent dépendant. Chaque mois, ces familles déboursent entre 1.857 et 2.200 euros. Pour aider ces familles, les tarifs des maisons de retraites devraient être encadrés et le plafond de l'aide personnelle à l'autonomie doublé (APA). Mais même quand les personnes vivent chez elles, la charge mensuelle pour leurs proches s'élève entre 350 et 530 euros. L'APA est le principal recours financier, son montant mensuel maximum est de 1.288,09 euros.  

Le problème évidemment reste le financement de ce plan, quand on sait qu'il coûte déjà, en régime de croisière, 28 milliards d'euros chaque année. Les aides proviennent de l'Etat pour 21 des 28 milliards. Le reste est en grande partie pris en charge par la Sécurité sociale (13 milliards d'euros) et les collectivités locales (5 milliards d'euros). Or, François Hollande a déjà averti fin janvier 2013 qu'il faudra "étaler l’effort sur l’ensemble du quinquennat".

Les trois plans évoquent de timides solutions de financements. Une taxe de 0,3% sur les pensions de retraités soumis à la CSG à taux plein a été évoquée. Le budget 2013 de la Sécurité sociale prévoit que cette réforme rapportera quand-même 600 millions d'euros.  Mais pour l'instant, elle finance le minimum vieillesse. Sera-t-elle redirigée vers la dépendance en 2014 ?

Une facture de plus en plus lourde

Concernant le plan retraite, lié à celui de la dépendance, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a déclaré que "des efforts seraient demandés à tous les Français. La droite a écopé avec le plan Fillon en 2010, mais le bateau prend toujours l'eau".

Sans compter qu'avec le vieillissement de la population, la facture s'alourdira de 2,5 milliards d'euros d’ici 2025. En 2040, il y aura 2 millions de personnes dépendantes en France. Il faudra alors certainement trouver plus de 10 milliards d'euros par an.

Le gouvernement se résoudra-t-il à appuyer la participation du secteur privé dans ce financement ? Le secteur de l'assurance est dans les starting-blocks.

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