Dbait : une molécule à l'étude pour augmenter les effets de la radiothérapie

Une molécule permettant de potentialiser les effets de la radiothérapie dans le traitement des cancers est à l'essai à l'Institut Curie à Paris. Cette molécule, baptisée "Dbait", induirait la destruction des cellules cancéreuses traitées par radiothérapie en compromettant l'intégrité de leur ADN.

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Dbait : une molécule à l'étude pour augmenter les effets de la radiothérapie

Les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, utilisés pour lutter contre le cancer, fonctionnent en provoquant des lésions dans l'ADN des cellules. Ces lésions peuvent être réparées par des systèmes spécifiques présents dans toutes les cellules. Dans le cas des cellules saines, l'ADN est reformé et les cellules peuvent se diviser à nouveau. Dans le cas des cellules cancéreuses, les divisions cellulaires sont tellement rapides que la réparation de l'ADN n'est pas complète. Les cellules tumorales ainsi traitées ne sont pas viables car leur ADN comporte un trop grand nombre d'erreurs, et elles s'autodétruisent.

Il arrive parfois que les traitements classiques ne soient pas suffisants pour que les cellules tumorales se détruisent. De plus, près de 20 % des patients traités en radiothérapie seraient résistants à ce traitement.

C'est en partant de ce constat que l'équipe de Marie Dutreix, directrice de recherche CNRS à l'Institut Curie, a mis au point la molécule Dbait. Injectées avant la radiothérapie, elles induiraient des erreurs dans les processus de réparations cellulaires des cellules cancéreuses. Les Dbait vont mimer des lésions d'ADN dans ces cellules. "Elles font croire aux cellules traitées par radiothérapie que le nombre de dommages auxquels elles doivent faire face est beaucoup plus élevé que dans la réalité. Par conséquent, les cellules tumorales s'autodétruisent", explique Marie Dutreix.

Un essai clinique, coordonné par le Dr. Christophe Le Tourneau, oncologue à l'institut Curie, est actuellement mené depuis 5 mois sur un petit nombre de patients atteints de mélanome avec des métastases cutanées. Il a pour but de déterminer la dose optimale pour l'utilisation des molécules Dbait.

La durée de réponse au traitement est évaluée à 3, 6, 9 et 12 mois après la première injection des molécules. Dors et déjà, l'équipe de recherche à établit que l'association de la radiothérapie et du traitement Dbait était bien toléré. Les premières observations confirment également que les molécules n'ont pas d'effets délétères sur les tissus sains. Mais le Dr. Le Tourneau insiste : "Il est encore trop tôt pour préciser le rôle des molécules Dbait à côté de celui de la radiothérapie."

En effet, l'essai en est à sa première phase, celle qui vérifie que le traitement est toléré par les patients et qui en détermine la dose optimale. Elle sera suivie de deux autres phases, avec des effectifs de patients de plus en plus grands pour déterminer, au terme de la troisième phase, si le traitement est réellement efficace.

Pour le moment, les recherches sont menées sur la radiothérapie uniquement et ne concernent que les cancers de type mélanome. Mais les chercheurs explorent déjà des possibilités de modification des molécules Dbait pour qu'elles puissent être utilisées avec la chimiothérapie, et en ciblant d'autres cancers.

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