Crises cardiaques : moins de décès, mais plus de femmes touchées

En 15 ans, le taux de mortalité lié à une crise cardiaque a sensiblement baissé dans nos hôpitaux français. C'est l'une des conclusions d'une étude publiée dans The Journal of the American Medical Association (JAMA), lundi 27 août 2012. Mais cette étude démontre également que les patients touchés par l'infarctus du myocarde sont de plus en jeunes. Particulièrement, les femmes.

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Crises cardiaques : moins de décès, mais plus de femmes touchées
Crises cardiaques : moins de décès, mais plus de femmes touchées

C'est une étude qui nous pose le dilemme du verre à moitié plein. Ou à moitié vide… C'est selon.

Baisse de la mortalité par infarctus en France

D'un côté, l'étude démontre que l'on a sensiblement moins de chances de mourir que par le passé des suites d'une attaque cardiaque, puisque le taux de mortalité a reculé de 70 % en 15 ans.

De l'autre, sur la même période, l'étude conclut que l'âge moyen des patients touchés par ces troubles cardiaques est en baisse. 66,2 ans de moyenne en 1995, alors qu'aujourd'hui la moyenne d'âge des patients touchés par un infarctus est de 63,3 ans. Et les femmes sont de plus en plus sujettes à ces attaques…

Cette étude, menée par des cardiologues français de l'hôpital européen Georges-Pompidou de Paris, a concerné plus de 6 700 patients à travers tout le pays. L'étude n'a pris en compte que des patients victimes d'un arrêt cardiaque, dit "STEMI" (on parle de STEMI, forme la plus grave de l'infarctus du myocarde, lorsque l'artère coronaire est totalement obstruée par le caillot, empêchant la circulation sanguine et endommageant le muscle cardiaque.)

L'étude montre qu'en France, de 1995 à 2010, le taux global de mortalité chez les patients hospitalisés avec STEMI a probablement diminué en raison d'une utilisation plus systématique de la thérapie de reperfusion (un rétablissement du flux sanguin du tissu myocardique) et d'une meilleure application des mesures thérapeutiques recommandées après une crise cardiaque.

Conséquence directe de ces progrès de la science : une forte baisse de la mortalité à 30 jours qui passe de 13,7 % en 1995 à 4,4 % en 2010, soit de 9,8 % à 2,6 % chez les hommes et de 23,7 % à 9,8 % chez les femmes.

Les complications hospitalières majeures diminuent également. Tout comme le délai entre l'apparition des symptômes et l'hospitalisation.

Pour expliquer l'augmentation significative du nombre de femmes âgées de moins de 60 ans, touchées par un infarctus du myocarde (passé de 11,8 % en 1995 à 25,5 % en 2010 !), les chercheurs mettent ici en avant l'augmentation du taux de fumeuses (de 37,3 % à 73,1 %) et l'augmentation du taux d'obésité (17,6  à 27,1 %), deux facteurs importants dans le cadre d'accidents cardiovasculaires.

Alors que se tient actuellement à Munich, le congrès de la Société européenne de cardiologie (jusqu'au mercredi 29 août 2012), les conclusions de cette étude pourraient déboucher sur de nouvelles mesures de prévention liées aux troubles cardiologiques. En France, 147 000 personnes meurent de maladies cardiovasculaires, chaque année.

Source : "Association of Changes in Clinical Characteristics and Management With Improvement in Survival Among Patients With ST-Elevation Myocardial Infarction", JAMA. Published online August 27, 2012. doi:10.1001/2012.jama.11348

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