Cancer du col de l'utérus : comment améliorer le diagnostic ?

C'est l'un des rares cancers dont la survenue est liée à un virus sexuellement transmissible : le papillomavirus humain (HPV). Le cancer du col de l'utérus est aujourd'hui dépisté par frottis, un examen cytologique qui permet de détecter des lésions cancéreuses ou précancéreuses. Le test HPV est effectué en cas de frottis anormal pour rechercher un papillomavirus. Selon une récente étude, publiée dans The Lancet, le dépistage pourrait être amélioré en généralisant ce test.

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Cancer du col de l'utérus : comment améliorer le diagnostic ?

Près des deux tiers des femmes ayant une activité sexuelle sont en contact avec le papillomavirus humain, heureusement seules 1 à 2% d'entre elles vont développer un cancer du col de l'utérus. On dénombre plus de 3.000 nouveaux cas par an, et plus de 1.000 décès. D'après une vaste étude européenne publiée dans The Lancet, portant sur près de 180.000 femmes âgées de 20 à 64 ans, on pourrait encore améliorer le dépistage en généralisant le test HPV.

Vaccination contre le cancer du col : une seule injection suffit

Aujourd'hui en France, on recommande trois injections chez les jeunes filles à partir de 11 ans. Mais d'après une étude menée au Costa Rica et publiée dans la revue américaine Cancer Prevention Research, une seule injection suffit.

Des analyses effectuées par les chercheurs sur près de 500 femmes, 4 ans après la première injection, ont montré que le niveau d'anticorps, chez les femmes n'ayant eu qu'une seule injection, était resté stable. Il était au même niveau que celles qui avaient eu deux ou trois injections.

L'étude rappelle l'importance de la vaccination contre le papillomavirus humain et ce, le plus tôt possible, dès l'âge de 11 ans. Malheureusement, en France, à peine 30% des jeunes filles sont vaccinées au lieu des 95% visés par la Haute Autorité de Santé (HAS).

Actuellement pour dépister le cancer du col de l'utérus, la Haute Autorité de Santé (HAS) préconise d'effectuer un frottis, tous les deux ans. Le médecin gynécologue prélève des cellules du col, puis les adresse à un laboratoire, où elles seront analysées au microscope, afin de détecter la présence de cellules cancéreuses ou précancéreuses.

Mais le frottis n'est pas toujours fiable. Selon le Dr Giuseppe Pollini, gynécologue à l'Institut Alfred Fournier, "30% des frottis ne sont pas significatifs" (présence de cellules atypiques avec signification indéterminée - frottis équivoque, dit ASCUS). En cas de doute ou si le frottis est anormal (présence d'anomalies cytologiques avérées), un deuxième outil est utilisé par les spécialistes, il s'agit du test HPV. Cet examen histologique, qui consiste à analyser l'ADN des cellules du col de l'utérus, permet de digagnostiquer une infection à papillomavirus. Avec une fiabilité proche des 100%, ce test est plus efficace que le simple frottis, mais il a aussi des limites.

Le test HPV, en effet, "n'a pas la possibilité de prédire le devenir exact d'une anomalie sur le col utérin, il détermine uniquement qu'il y a facteur de risque. La grande majorité des patientes HPV positif ne développeront jamais aucune lésion sur le col utérin au cours de leur vie", explique le Dr Pollini. Deuxième limite, son coût. Un test HPV est deux fois plus cher qu'un frottis et il n'est remboursé par l'Assurance maladie que dans certains cas, lorsqu'il est réalisé à la suite d'un frottis suspect.

La HAS ne recommande pas l'usage sytématique du test HPV dans le cadre du dépistage organisé du cancer du col de l'utérus.

Etude de référence : Efficacy of HPV-based screening for prevention of invasive cervical cancer: follow-up of four European randomised controlled trials, The Lancet, Early Online Publication, 3 November 2013, doi:10.1016/S0140-6736(13)62218-7

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