Ados : la pilule n’est pas le meilleur moyen de contraception

Dans un rapport sur la contraception et l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le professeur Israël Nisand, gynécologue au CHU de Strasbourg, propose d’utiliser d’autres moyens de contraception que la pilule, surtout pour les adolescentes.

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Ados : la pilule n’est pas le meilleur moyen de contraception
Ados : la pilule n’est pas le meilleur moyen de contraception

Selon une enquête Opinionway datant de février 2011, la pilule reste le moyen de contraception préféré des françaises. 61 % d’entres elles avouent la privilégier à tout autre. Les 15-24 ans sont encore plus nombreuses à se la faire prescrire (88 %). Or, dans un rapport sur la contraception et l’IVG, remis jeudi 22 septembre 2011 à la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, le Pr. Israël Nisand, prône la fin du "tout pilule" chez les adolescentes.

Ce gynécologue au CHU de Strasbourg assure que ce moyen de contraception n’est pas le meilleur à prescrire pour les jeunes filles. Sur Europe 1, le professeur s’explique : "Il est évident que quand une jeune femme habite tantôt chez sa mère, tantôt chez son père, que ni l'un ni l'autre ne savent qu'elle utilise une contraception, on est bien parti pour l'oubli". L’implant serait une des solutions proposées par le professeur. Une fois inséré, l’implant est efficace pendant trois ans.

Dans la même continuité, le Pr. Israël Nisand encourage l’anonymat et la gratuité de la contraception pour les mineures. "Nous avons fait en sorte que l'avortement soit anonyme et gratuit, que la contraception du lendemain soit anonyme et gratuite, et pas la vraie contraception", déplore-t-il. Le professeur n'hésite pas à critiquer les mesures prises dans le passé, dont l'idée d'un Pass Santé Contraception, mis en place en avril 2011. Dans une interview au Figaro Madame, il confie : "C’est une mesure cosmétique qui peut avoir un intérêt électoral. Mais en terme de santé publique et de baisse du nombre d’IVG, elle est vouée à l’échec". Les positions géographiques des centres de planning familal sont également problématiques, puisque "quatre jeunes femmes sur cinq dans notre pays habitent à plus de 100 km d’un centre de planification", or ce sont les seuls à délivrer des moyens de contraception d'urgence.

Ce genre d’initiative a déjà été expérimenté à Strasbourg. Les jeunes filles avaient un accès gratuit à une consultation médicale près de leur domicile, ainsi qu’une prescription gratuite. L’idée à porté ses fruits, puisque le nombre d’IVG chez les mineures a baissé de moitié.

Le rapport du Pr. Nisand comporte dix huit mesures, qui seront rendues publiques en novembre 2011. 

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