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Sexualité féminine : le tabou de la douleur persiste

Pourquoi les femmes qui ont des douleurs durant les rapports continuent-elles à en avoir, et n'en parlent-elles pas à leur partenaire ?

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Sexualité féminine : le tabou de la douleur persiste
Sexualité féminine : le tabou de la douleur persiste

La question des douleurs ressenties par les femmes pendant les rapports sexuels est au coeur d'une étude publiée en 2019 dans la revue PlumX Metrics.

La plupart des femmes incluses dans l'étude (81,6% des 382) estiment que leur rapport était "légèrement douloureux". En dépit de la douleur, la majorité (62%) des femmes voulaient vraiment ce rapport et l'ont trouvé extrêmement ou assez plaisant. 20% des femmes ont eu peu de plaisir ou pas du tout. 51% des femmes seulement en ont parlé à leur partenaire... Les femmes qui n'avaient pas ressenti de plaisir, ou peu, avaient 3 fois plus de risque de ne pas en parler à leur partenaire.

"Il convient de noter que pour la majorité, l'intensité de la douleur était faible et d'une durée de moins de 5 minutes pour 72.9% d'entre elles, analyse le Dr Desvaux. Pour 83.3 %, le siège de la douleur était situé soit à l'entrée vaginale, soit dans le vagin ou le fond vaginal. Compte tenu de l'intensité douloureuse modérée et de courte durée, cela évoque plus "une impréparation à la pénétration".

Les femmes victimes des représentations sociales

Parmi les raisons invoquées à la poursuite des rapports, on retrouvait une banalisation de la douleur lors des rapports, une minimisation des conséquences de la douleur, la priorité donné au plaisir du partenaire ou encore des pressions socio-culturelles (normes liées au genre : "les femmes doivent être passives"). "Malheureusement, les femmes sont victimes bien souvent de représentations sociales sur ce que doit être le sexe et comme on accouche dans la douleur, la pénétration "ça fait un peu mal", reprend le sexologue. Il y a tout intérêt à en parler avec le partenaire, car il pourra se montrer un peu plus attentif aux réactions (lubrification et dilatation vaginale) de sa partenaire et plus patient."

Comprendre dans chaque cas particulier, pourquoi les femmes évitent d'avoir une discussion sur ces douleurs est important afin de les aider à retrouver des rapports moins douloureux et plus plaisants. Convaincre les femmes que la sexualité est un plaisir partagé et mutuel, et qu'elles ont droit au plaisir, est un prérequis pour les aider à parler de ce qu'elles ressentent durant les rapports. Les couples peuvent et doivent adapter leurs pratiques sexuelles, en agissant sur l'intensité et/ou la longueur des préliminaires, ou en choisissant les positions qui ne procurent pas de douleur. De plus, une consultation auprès de son médecin est indispensable en cas de douleur qui se répète.